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Création du Groupe de travail sur la protection des entreprises québécoises

Le choix des mots est important. Le ministre des Finances Nicolas Marceau a annoncé il y a quelques jours la création d’un comité de réflexion sur le maintien des sièges sociaux de joyaux de l’entrepreneuriat québécois et l’a nommé : « Groupe de travail sur la protection des entreprises québécoises. » Le ministre a choisi le mot « protection ». Pourquoi ?

En fait, il faut protéger quoi et contre qui ? Faut-il protéger CGI, Couche-Tard ou Valeant, qui enchaînent les acquisitions à l’étranger ? Faut-il protéger Rona d’une offre d’une chaîne américaine et assister passivement à son déclin financier ? Ou faut-il, en réalité, donner plus de pouvoirs et de responsabilités aux administrateurs afin qu’ils jugent de façon indépendante de l’intérêt global d’une offre venant d’un groupe étranger ?

Faut-il le rappeler, la Caisse de dépôt et placement du Québec investit dans les grandes entreprises du Québec. Et une offre généreuse d’une société étrangère pour une entreprise d’ici pourrait être très payante pour l’ensemble des Québécois.

Yvan Allaire a créé, avec Michel Nadeau, l’Institut sur la gouvernance, une organisation qui a pour objectif de réfléchir aux principes et aux règles, à l’éthique et à la saine gestion des entreprises et des institutions, que ce soit dans le secteur public ou dans le privé. Nicolas Marceau n’a pas jugé bon faire appel à ses lumières. Il n’a pas été consulté et n’a pas été approché pour faire partie du groupe de travail. Pourtant, il est probablement l’un des intellectuels du milieu économique qui a le plus réfléchi au rôle des administrateurs et au maintien des sièges sociaux au Québec.

En entrevue à RDI économie jeudi, il a d’abord précisé que l’enjeu n’est certainement pas de protéger les entreprises québécoises, mais bien de « relever les pouvoirs des conseils d’administration », ce que précise par ailleurs le communiqué annonçant le groupe de travail du gouvernement. « Le titre est inopportun, selon Yvan Allaire. Je pense même que les entrepreneurs québécois ne veulent pas être protégés. Ils veulent avoir les moyens de défendre la propriété de leur entreprise. »

Montréal a perdu beaucoup de ses sièges sociaux au fil du temps. Mais, aujourd’hui, les grandes entreprises québécoises se battent à armes égales avec leurs concurrentes étrangères. Et elles sont nombreuses à faire des acquisitions à l’étranger et à faire croître leur rayonnement à partir de leur siège social à Montréal ou ailleurs au Québec. Évoquer la « protection » des entreprises québécoises n’est-elle pas la représentation d’un sentiment d’infériorité, de repli sur soi, d’inquiétude face à des prétendus envahisseurs, dévoreurs de petits Québécois ?

Yvan Allaire affirme qu’il y a 24 entreprises québécoises en bourse qui pourraient être visées par une tentative d’acquisition étrangère. Ce qu’il faut selon lui, c’est d’élargir le mandat des administrateurs et d’exiger que toute décision prise dans le cadre d’une offre d’acquisition s’appuie sur l’intérêt de l’ensemble des parties prenantes : actionnaires, employés, fournisseurs, société civile. Dans le cas de Rona, par exemple, la question des fournisseurs était essentielle : est-ce que l’Américaine Lowe’s aurait maintenu le même réseau de fournisseurs (dont plusieurs sont Québécois) que Rona si l’offre d’acquisition déposée avait été acceptée ?

Aussi, le président de l’Institut sur la gouvernance ne comprend pas très bien pourquoi le gouvernement Marois forme un comité sur cette question, alors que l’Autorité des marchés financiers du Québec tente de convaincre les différentes commissions des valeurs mobilières dans les provinces canadiennes d’adopter de nouvelles règles pour augmenter les pouvoirs des administrateurs. Une entente pancanadienne aurait du poids, puisqu’elle forcerait Ottawa a modifié la loi. Sur les 24 entreprises québécoises exposées, 16 sont incorporées sous la loi fédérale et 8 sous la loi québécoise.

 

Source : Blogue Économie de Gérald Fillion

Nomination de Mme Chaviva Hošek au conseil d’administration de l’IGOPP

L’IGOPP est fier d’accueillir Mme Chaviva Hošek au sein de son conseil d’administration.

Présidente émérite, Institut canadien de recherches avancées (ICRA) et professeure, École de politiques publiques et de gouvernance, Université de Toronto (Toronto, ON).

Chaviva Hošek est présidente émérite de l’Institut canadien de recherches avancées (ICRA), où elle a agi à titre de présidente-directrice générale pendant plus de 10 ans. Elle est également professeure à l’École de politiques publiques et de gouvernance de l’Université de Toronto.

Avant de travailler à l’ICRA, de1993 à 2000, Mme Hošek a été directrice aux politiques et à la recherche au sein du Cabinet du premier ministre Jean Chrétien. Elle a également été ministre du Logement en Ontario pendant un mandat et professeure de littérature anglaise à l’Université de Toronto pendant 13 ans.

Mme Hošek a été présidente et membre du bureau de direction du Comité canadien d’action sur le statut de la femme et a occupé divers postes supérieurs de gouvernance à l’Université de Toronto et à l’Université de la Colombie-Britannique. Elle siège aux conseils d’administration de la Central European University, du fonds de dotation Leading Edge (Endowment Fund) de la Colombie-Britannique, des Aliments Maple Leaf inc., de la Great-West (compagnie d’assurance-vie) et de la Fondation Pierre Elliott Trudeau.

Mme Hošek a obtenu son doctorat à l’Université Harvard en 1973. Elle a reçu trois doctorats honoris causa et on lui a décerné un prix la récompensant pour ses services exceptionnels du Public Policy Forum en 2003 et la Médaille du jubilé d’or de la Reine. Elle est Officier de l’Ordre du Canada et boursière de la Fondation Lawson pour l’ICRA.

Un Groupe de travail sur «la protection des entreprises québécoises»??

Le ministre des finances du Québec a annoncé la création d’un «Groupe de travail sur la protection des entreprises québécoises». Rappelons que quelque 24 des 50 plus grandes sociétés québécoises cotées en bourse sont vulnérables à de telles opérations, dont 16 sont régies par la loi canadienne des sociétés par actions et 8 par la loi québécoise. Mais la nouvelle démarche du gouvernement soulève plusieurs questions.

Par exemple, d’affubler ce groupe de travail de l’étiquette « la protection des entreprises québécoises» affilera, au Canada et chez les organismes internationaux, les couteaux de l’anti-protectionnisme, l’épée de tous les chevaliers des libres marchés. Cette expression amènera même des chefs d’entreprises québécoises à s’insurger contre la notion de « protection », affirmant qu’ils n’ont nul besoin que le gouvernement les « protège ».

Il faut agir avec doigté en ces matières. Le chassé-croisé international et interprovincial des fusions et acquisitions joue un rôle stratégique en ce qu’il reflète la volonté de croissance, de consolidation et d’expansion géographique des sociétés québécoises comme de celles d’ailleurs.

Or, l’enjeu des prises de contrôle non souhaitées de sociétés est un enjeu canadien et non pas seulement québécois. Il ne s’agit pas de protéger les entreprises mais de donner à leurs conseils d’administration l’autorité et la responsabilité d’évaluer une proposition d’achat selon l’intérêt à long terme de l’entreprise, tenant compte de l’effet d’une telle prise de contrôle sur l’ensemble des parties prenantes de l’entreprise.

La démarche du ministre des finances semble également un tantinet intempestive en ce qu’elle intervient au moment où les commissions des valeurs mobilières canadiennes, notamment l’Autorité des marchés financiers du Québec (AMF), ont entrepris de revoir les règles qui encadrent ces situations d’offre d’achat non sollicitées.

Rien dans la loi québécoise ou canadienne sur les sociétés par actions n’empêcherait les membres de conseil d’interpréter leur responsabilité fiduciaire autrement que selon les jugements de la Cour suprême.

Dans deux jugements importants (Peoples et BCE), la Cour suprême du Canada a opiné sur la responsabilité des conseils d’administration : les membres du conseil d’administration doivent tenir compte de l’intérêt de la société et non seulement de celui des actionnaires ou des autres parties prenantes (créanciers, clients, employés, fournisseurs).

En fait, ce n’est pas la loi mais les règles établies par les commissions des valeurs mobilières canadiennes en matière d’acquisitions et de fusions d’entreprises qui ont virtuellement menottées les conseils d’administration.

Or justement, les propositions mises de l’avant par l’AMF et présentement soumises à une consultation règlent à toute fin pratique ce problème de conseils impuissants devant une offre d’achat dite « hostile ». Toutefois les propositions de l’AMF ne font pas l’unanimité au sein des autres commissions provinciales.

D’aboutir à une situation selon laquelle l’AMF et les commissions des valeurs mobilières des autres provinces n’arrivent pas à s’entendre créerait un Babel règlementaire et mettrait en appétit ceux qui souhaitent ardemment la création d’une commission nationale des valeurs mobilières.

Pour régler le problème, il faut susciter un large appui du milieu des affaires et des investisseurs institutionnels québécois, bien sûr, mais également et surtout des autres provinces canadiennes envers une solution du type proposée par l’AMF. L’opération est en cours mais s’avère délicate. Les intérêts financiers qui s’opposent à un changement important sont mobilisés et efficaces.

Il faut donc que le ministre des finances du Québec assume le leadership de cette cause auprès des ministres des finances des autres provinces pour les convaincre de la justesse de la position de l’AMF pour les commissions des valeurs mobilières de leurs provinces respectives.

Le communiqué annonçant la création et le mandat du Groupe de travail comporte aussi quelques ambigüités. Au gré du communiqué, l’emphase oscille entre l’objectif (souhaitable) « de permettre aux entreprises québécoises de mieux se protéger contre des prises de contrôle non souhaitées » et celui, plus problématique si ce n’est pas une conséquence du premier, « de favoriser le maintien des sièges sociaux implantés au Québec. »

Plus loin dans le communiqué, le texte ne porte que sur le maintien de sièges sociaux : « Le mandat du groupe de travail sera d’aborder la nature, l’envergure et l’impact à moyen et long terme de mesures favorisant le maintien des sièges sociaux, ce qui pourrait mener à la modification de différentes lois applicables au Québec.»

La démarche amorcée par l’AMF aboutirait à donner plus de pouvoirs aux conseils d’administration pour bloquer une transaction non souhaitée; mais cette démarche ne protège pas la propriété d’entreprises québécoises lorsque le conseil d’administration donne son aval à la vente de l’entreprise. Supposons que, dans le cas de RONA, le conseil ait reçu avec faveur une proposition de Lowe’s; alors, rien de ce qui est proposé ici n’aurait empêché la conclusion de la transaction, même si, selon certains, une telle transaction ne serait pas dans l’intérêt général du Québec et même si la transaction devait mener à la disparition du siège social de RONA.

Alors, comment interpréter cette volonté absolue de maintenir les sièges sociaux au Québec? Pourrait-on envisager de bloquer une prise de contrôle ayant reçu l’aval du conseil d’administration de la société québécoise afin de maintenir son siège social au Québec? Avait-on cette intention à l’esprit lorsqu’il fut proposé de créer un fonds de $10 milliards pour bloquer des prises de contrôle?

Un tel objectif soulèverait d’épineuses questions. Il n’est pas clair à la lecture du communiqué si le mandat du Groupe de travail s’étend à cette problématique.

Conclusions

Le Groupe de travail « sur les prises de contrôle non sollicitées», composé de gens dont la qualité et le sérieux ne font pas de doutes, peut faire œuvre utile en mobilisant la communauté des affaires québécoises et canadienne en faveur de propositions comme celles formulées par l’AMF.

Le Groupe de travail devrait inciter le ministre des finances à se faire un énergique porte-parole de la position de l’AMF auprès de ses collègues ministres des finances.

Puis, au cas où la démarche entreprise par les commissions des valeurs mobilières canadiennes ne mènerait qu’à une reconduction du statu quo, le Groupe de travail devrait évaluer les changements législatifs appropriés tout en reconnaissant que seulement le tiers des entreprises québécoises vulnérables sont en fait soumises à la loi québécoise.

Enfin, le Groupe de travail pourrait évaluer certains changements à la loi québécoise sur les sociétés par actions pour rendre le Québec attrayant (plus attrayant que la juridiction fédérale) comme site du siège juridique de sociétés cotées en Bourse. Par exemple, la loi québécoise pourrait permettre aux entreprises d’imposer une période de détention des actions d’une année avant d’acquérir le droit de vote. Tout en sachant que siège juridique ne signifie pas centre décisionnel de l’entreprise, comme le démontrent éloquemment la Banque de Montréal et la Banque Royale.

Les opinions exprimées dans ce texte n’engagent que l’auteur.

Les ex-politiciens aux conseils d’administration: Bonne gouvernance ou non?

La pratique était et demeure monnaie courante. Une personne, ci-devant ministre ou premier ministre, peu après son départ de la vie publique, est nommée au conseil d’administration de sociétés cotées en bourse.

Naguère, les conseils d’administration étaient composés de cadres de la société, de dirigeants amis du PDG, de copains de celui-ci et d’avocats au service de l’entreprise. L’ajout de quelques personnalités politiques apportait un peu d’exotisme au club et la possibilité d’un accès privilégié aux décideurs politiques pour les enjeux de la société; de telles nominations pouvaient aussi comporter un aspect «récompense pour services rendus».

Or, ce temps est révolu, ou devrait l’être. Comment, dans le contexte actuel de la gouvernance, devrait-on évaluer la candidature d’un ex-politicien pour un poste au conseil?

  • Chef de gouvernement ou ministre? D’abord, il convient d’établir une nette différence entre celui ou celle qui fut chef d’un gouvernement et une personne qui ne fut que ministre pendant une période de temps plus ou moins longue. Un chef de gouvernement a acquis une expérience de gestion et de gouvernance dans un univers complexe aux multiples facettes ainsi qu’une sensibilité, presqu’écorchée, aux intérêts des nombreuses parties prenantes composant une société moderne. Une personne qui fut chef de gouvernement peut apporter au conseil une facilité à trancher dans les enjeux complexes, une antenne affilée sur les conséquences sociales et politiques des décisions de l’entreprise. On ne peut présumer que le fait d’avoir été ministre pendant une courte période de temps fait acquérir une telle expérience.
  • Légitimité et crédibilité. La gouvernance contemporaine des sociétés publiques s’appuie sur des membres de conseil légitimes et crédibles. Dans la mesure où le candidat au conseil, ex-premier ministre, est élu par les actionnaires, il acquiert une légitimité certaine. L’enjeu important porte sur sa crédibilité, soit sa connaissance approfondie des enjeux de cette entreprise œuvrant dans cette industrie ainsi que sur sa capacité à participer aux discussions portant sur des questions financières complexes, lesquelles mobilisent une bonne part du temps de tout conseil d’administration de sociétés publiques. Ici, l’expérience acquise à traiter des enjeux de finance publique s’avérera d’une pertinence limitée.
  • Le conseil d’administration n’est pas un assemblage de spécialistes. Selon une certaine conception de la gouvernance, les membres de conseil interviennent selon leur domaine spécifique d’expertise mais s’en remettent aux autres membres pour les autres sujets. Cette conception est mal avisée, voire périlleuse. Les membres du conseil doivent se doter d’une expertise touchant tous les principaux aspects du fonctionnement de l’entreprise qu’ils ont charge de gouverner. Il serait inapproprié que l’on se tourne vers le membre du conseil, ex-politicien, que lorsque le sujet en cause relève de la politique nationale ou internationale mais que l’on attende de lui un silence distingué sur tous les autres sujets.
  • Le défi de l’apprentissage. L’ex-politicien dont la feuille de route ne comporte pas d’expérience comme dirigeant d’entreprises doit comprendre que dès sa nomination au conseil il ou elle doit s’inscrire dans un programme accéléré et de haut niveau pour «apprendre» l’entreprise, ses enjeux, ses moteurs de création de valeur économique, ses indicateurs de performance, etc. Il ou elle ne doit pas se satisfaire des programmes d’insertion habituels pour nouveaux administrateurs dont se sont dotées la plupart des entreprises publiques. Il ou elle doit exiger un programme spécialement conçu pour sa situation, comportant des séminaires ad hoc menés par des cadres de la société; mais aussi, le nouvel administrateur et ancien politicien doit s’investir dans l’apprentissage de l’industrie, visiter et étudier les sites Web des concurrents, leurs présentations aux analystes financiers, lire les rapports d’analystes financiers sur la société dont il est administrateur, etc.

À la condition de se soumettre à un tel programme d’apprentissage et, bien entendu, de ne pas siéger au conseil d’une entreprise ayant bénéficié des décisions de son gouvernement, un ex-politicien, et tout particulièrement un ex-chef de gouvernement, peut devenir un membre de conseil de grande valeur.

Les opinions exprimées dans ce texte n’engagent que l’auteur.

Propriété et contrôle des entreprises au Québec et au Canada

L’IGOPP a réuni le 31 mai dernier plusieurs acteurs du milieu des affaires, lors d’un grand colloque portant sur la propriété et le contrôle des entreprises au Québec et au Canada.

En présence de près de 150 participants et plusieurs représentants des médias, ce colloque fût l’occasion pour discuter de cet important enjeu qui revient souvent dans l’actualité :offres d’acquisition de RONA, PotashCorp…

L’IGOPP a proposé, par l’entremise de son président exécutif du conseil d’administration, une série de mesures pour protéger certaines entreprises québécoises et canadiennes de prises de contrôle étrangères ou hostiles, quelques mois après que l’américain Lowe’s ait échoué sa tentative d’acquisition de Rona

Des 50 sociétés québécoises qui ont la plus forte capitalisation, seulement 8 seraient touchées par une loi québécoise sur la protection des sièges sociaux : Cascades, Metro, Cominar, Héroux-Devtek, Quincaillerie Richelieu, Rona, Semafo et Uni-Sélect.

Vous pouvez accéder aux présentations des conférenciers ci-bas.

Gouvernance et Offres d’achat hostiles – Des CA au service de qui?

« Il faudra bien un jour donner les outils adéquats aux conseils d’administration d’entreprises qui reçoivent des offres d’achat hostiles, ont affirmé vendredi plusieurs acteurs du milieu des affaires réunis lors d’un colloque organisé par l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques (IGOPP).

Dans une trentaine d’États américains, contrairement aux règles en vigueur ici, le conseil qui fait face à une proposition hostile peut tout simplement refuser de la soumettre aux actionnaires s’il estime qu’elle n’est pas dans l’intérêt de l’entreprise.

La campagne électorale qui a porté le Parti québécois au pouvoir l’an dernier a entendu des candidats évoquer cette possibilité pour le Québec, mais les consultations n’ont pas encore eu lieu. L’Autorité des marchés financiers mène présentement des travaux sur le sujet, de concert avec les Autorités canadiennes en valeurs mobilières » …

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«Demander aux actionnaires s’ils veulent vendre, c’est ridicule !»

A-t-on raison de s’en remettre à la décision des actionnaires quand une offre d’achat se présente ?

Demandez en 2013 aux actionnaires d’entreprise s’ils veulent vendre quand ils reçoivent une offre d’achat, c’est ridicule ! Il faut arrêter de traiter les actionnaires comme la veuve et l’orphelin. Dans les 48 heures suivant l’annonce d’une offre d’achat, jusqu’à 40 % des actions peuvent changer de mains. Ça a été le cas d’Alcan. Et ceux qui achètent les actions, ce sont des fonds d’arbitrage qui n’ont qu’un intérêt : que la transaction se fasse pour leur permettre d’empocher un gain rapide. Or, pour moi, des actionnaires qui n’étaient pas là il y a une semaine, ce ne sont pas des actionnaires. Voilà pourquoi je pense qu’il est faux de prétendre que ce sont les actionnaires qui décident » …

L’offre d’achat de Lowe’s sur Rona a remis à l’ordre du jour la question de la protection des sièges sociaux. Quel est votre point de vue à ce sujet ?

Des 50 sociétés québécoises qui ont la plus forte capitalisation, 42 sont protégées contre une offre non sollicitée du fait qu’elles ont un actionnaire de contrôle ou qu’elles sont protégées par la loi fédérale. Changer la loi québécoise serait donc inutile, puisque cette mesure ne toucherait que 8 de ces 50 sociétés. Le problème est que, malgré deux décisions de la Cour suprême du Canada – BCE et Peoples – selon lesquelles les membres des conseils d’administration doivent tenir compte d’autres facteurs que le seul intérêt des actionnaires, les commissions des valeurs mobilières provinciales continuent de prétendre que le seul devoir des membres du conseil est de tenter de trouver une meilleure offre que celle qui a été reçue.

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Des outils pour protéger le Québec inc.

L’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques (IGOPP) propose quelques solutions pour empêcher que des entreprises québécoises, sans grand actionnaire de contrôle ou sans règles de protection, fassent l’objet d’acquisitions non désirées.

L’organisme suggère d’abord de renforcer les lois pour modifier le rôle et les responsabilités des conseils d’administration. Il déplore que les administrateurs pensent uniquement à l’intérêt des actionnaires sans tenir compte de celui des autres parties prenantes comme les fournisseurs, les employés et les marchands.

«Les administrateurs ne doivent pas être des courtiers dont le rôle est d’obtenir le meilleur prix pour les actionnaires», a exprimé Yvan Allaire, président exécutif du conseil de l’IGOPP.

Deuxièmement, l’IGOPP croit que les entrepreneurs devraient recourir aux actions à droit de vote multiple pour conserver le contrôle même s’ils ne détiennent pas une majorité d’actions ordinaires.

«Si les Beaudoin-Bombardier n’avaient pas d’actions à droits de vote multiple, Boeing et Airbus auraient mis la main sur Bombardier depuis longtemps», a illustré Michel Nadeau. Le premier actionnaire du géant du transport est d’ailleurs le fonds FMR, détenu par l’américaine Fidelity Investment, qui possède 11% des actions.

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Le Québec inc. peut-il éviter l’erreur belge?

« Il est urgent que les Québécois se penchent sur le contrôle de leurs entreprises pour éviter que le Québec devienne une seconde Belgique. La majorité des grandes entreprises du pays européen étant passées sous contrôle étranger.

C’est la position défendue par l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques (IGOPP), qui organise un colloque sur la question ce vendredi à Montréal. L’organisme proposera une série de mesures pour protéger certaines entreprises québécoises et canadiennes de prises de contrôle étrangères ou hostiles, quelques mois après que l’américain Lowe’s ait échoué sa tentative d’acquisition de Rona.

«En Belgique, tout a été acheté par des sociétés étrangères, allemandes, françaises, hollandaises, américaines. Elles ont même mis la main sur de grandes banques», a illustré Michel Nadeau, directeur général de l’IGOPP. L’ancien vice-président de la Caisse de dépôt et placement du Québec soutient qu’une telle situation complique la vie des entrepreneurs belges qui ont besoin de financement. «C’est Paris ou Berlin qui décident», a-t-il précisé » …

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« Quebec corporate leaders call for more board power »

 » Metro Inc. chief executive officer Eric La Flèche is calling for changes to securities regulation so boards can reject hostile takeover bids without presenting the offer to shareholders.

New Quebec rallying cry: Save our grocer

A Montreal think-tank founded by former premier Jacques Parizeau says Quebec’s “food sovereignty” would be at risk if grocery chain Metro Inc. were bought out and its corporate headquarters moved. Continue reading.

The comments Friday by the supermarket chain CEO come amid a simmering debate in Canada over so-called “just say no” provisions and how best to balance the rights of investors with the interests of a company’s other societal stakeholders. The discussion is particularly heated in Quebec, where lawmakers insist everything possible should be done to keep head offices of the province’s corporate champions intact.

“I’m concerned by the current laws and securities commission policies in place,” Mr. La Flèche told a conference organized by the Institute for Governance of Private and Public Organizations. “I don’t believe that a board has the powers needed to fulfill its mandate » … Lire la suite

« Quebec Inc. speaks with one voice on hostile takeovers »

[…] « Nearly half of Quebec’s 50 most valuable companies have neither a controlling shareholder nor the protection of dual-class shares. As such, they are technically up for grabs. SNC-Lavalin, Metro, Dollarama, Gildan Activewear and Osisko Mining are the most important by market capitalization. What is more, only eight of those 24 companies are incorporated in Quebec, where Finance Minister Nicolas Marceau is mulling additional protective measures to prevent the hollowing out of the province’s head offices.

“Of all the developed countries, Canada is the place where the boards are the most powerless. Their role is limited to that of an auctioneer,” said Yvan Allaire, chair of the Institute for Governance of Private and Public Organizations, which organized Friday’s conference » … Lire la suite

Le gouvernement et l’apprentissage de la gouvernance

Comme presque tous les gouvernements du Québec avant lui, le présent gouvernement semble en mode d’apprentissage en matière de gouvernance des sociétés et organismes de l’État québécois. Pour le moment, il trébuche d’une mauvaise décision à une autre.

Les derniers jours nous ont donné deux exemples de méconnaissance des principes fondamentaux de la gouvernance.

La banque de développement économique

D’abord, ce fut la proposition d’une structure de gouvernance alambiquée pour la Banque de développement économique. L’arrangement proposé contrevenait à tous les principes de gouvernance, dont le premier : « Aucune société ne devrait être complexe à un point tel que son conseil d’administration ne puisse la gouverner efficacement » (Allaire et Firsirotu, 2010).

Or, la mission et la structure qui étaient proposées pour la Banque de développement économique, faite de conseils superposés et de multiples métiers financiers relevant du même conseil, en aurait fait un organisme ingouvernable, incapable de « livrer la marchandise ».

Le CHUM

Puis, on apprend que le directeur général du CHUM est convoqué devant la commission de la santé et des services sociaux de l’Assemblée nationale. Il semble que non seulement le gouvernement mais la députation, tout parti confondu, ignore que c’est au conseil d’administration et à son président qu’il revient de répondre aux questions de gouvernance de cette commission.

La gouvernance de l’État du Québec

L’État du Québec compte sur plusieurs importantes sociétés d’État ainsi que sur des organismes de grande envergure comme le CHUM et le CUSM. Le bon fonctionnement de ces sociétés et organismes revêt une grande importance pour la bonne marche de l’État québécois.

Ces organismes doivent jouir d’une autonomie appropriée à leur mission. Cette autonomie doit cependant être enchâssée dans un cadre de gouvernance défini par le gouvernement et codifiée par des lois. Le gouvernement peut et doit demander des comptes par le truchement du conseil d’administration, mais le gouvernement doit respecter l’autonomie de l’organisme et la responsabilité du conseil.

Depuis quelques années, le gouvernement du Québec a inscrit dans des lois les règles de gouvernance de ses organismes ainsi que les devoirs et responsabilités des conseils d’administration.

Ainsi la loi sur la gouvernance des sociétés d’État stipule de façon expresse les responsabilités respectives du conseil et du gouvernement. Les principes qui y sont énoncés valent pour tous les grands organismes de l’État québécois.

En son article 14, la loi dit :

Le conseil d’administration établit les orientations stratégiques de la société, s’assure de leur mise en application et s’enquiert de toute question qu’il juge importante.

Le conseil est imputable des décisions de la société auprès du gouvernement et le président du conseil est chargé d’en répondre auprès du ministre.

(Emphase ajoutée)

À son article 15, la loi établit une longue liste des responsabilités du conseil, parmi lesquelles on lit :

  • adopter le plan stratégique;
  • approuver le plan d’immobilisation, le plan d’exploitation, les états financiers, le rapport annuel d’activités et le budget annuel de la société;
  • approuver les règles de gouvernance de la société;

  • approuver les profils de compétence et d’expérience requis pour la nomination des membres du conseil;
  • approuver les critères d’évaluation des membres du conseil d’administration et ceux applicables au président-directeur général;

  • établir les politiques d’encadrement de la gestion des risques associés à la conduite des affaires de la société;

etc.

Il faut espérer que le gouvernement du Québec tirera les bonnes leçons des événements récents. Les principes pour une saine gouvernance des organismes de l’État québécois sont connus. Le défi consiste pour le gouvernement à les mettre en place et en maintenir une stricte observance même quand souffle la tourmente.

Les opinions exprimées dans ce texte n’engagent que l’auteur.

« SNC-Lavalin looking to clean up its reputation »

« […] As the argument goes, SNC-Lavalin is too big to fail. That line of reasoning saved American banks when they created a housing bubble only to have it burst in their face. It also sparked the multi-billion-dollar bailout of North American car companies when the global economy tanked.

“There are hundreds if not thousands of professionals who work for these companies and it’s very crucial for our economy to keep those people at work,” said Yves-Thomas Dorval, president of the Conseil du Patronat du Quebec, a lobby group that speaks for dozens of professional associations in the province, including the one that counts SNC-Lavalin as a member.

Even integrity and accountability watchdogs say that provincial and municipal governments need to find a way around an outright ban that may kill local jobs and hand potential SNC-Lavalin business to foreign firms.

“The law is not without loopholes . . . It’s a matter of saying, ‘It’s a ban unless you do this and that,’” said Yvan Allaire, president of Montreal’s Institute for Governance of Private and Public Organizations. […] »

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La Banque de développement économique du Québec en péril

[ … ]

Les partis d’opposition ne sont pas les seuls à souligner les défauts du projet. Selon Michel Nadeau, directeur général de l’Institut sur la gouvernance, le projet de loi 36 tel que présenté n’aurait apporté que des nouveautés cosmétiques, mais ne changera pas réellement les choses.

« Le guichet unique existe déjà en grande partie avec la fusion de la Société générale de financement avec Investissement Québec. Il y a les fonctionnaires du ministère qui sont en région qu’on pourrait regrouper avec Investissement Québec et ça ferait la même chose », indique M. Nadeau.

Michel Nadeau insiste sur le fait que plutôt que de répondre aux besoins de la communauté d’affaires, la BDEQ ne ferait que rendre plus complexe la gestion de leurs demandes.

[ … ]

« Les institutions financières ne veulent pas voir une banque trop interventionniste, mais pour la plupart des entrepreneurs, la réalité va demeurer la même », conclut-il.

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