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Commission parlementaire sur le projet de loi 123

L’Institut, par l’entremise de son président du conseil et directeur général, a présenté le 11 novembre son mémoire à la Commission des finances publiques sur le projet de loi n° 123 – Loi sur la fusion de la Société générale de financement du Québec et d’Investissement Québec

Ce mémoire fait état d’observations de l’Institut et propose un ensemble de suggestions concrètes sur ce projet de loi.

Les parlementaires ont mentionné avoir apprécié les remarques de l’IGOPP qui a défendu l’autonomie du conseil d’administration du nouvel Investissement Québec.

Le projet de loi n°123 laisse trop de pouvoirs discrétionnaires entre les mains du ministre et du gouvernement, selon MM. Allaire et Nadeau.

Rappelons que le 28 octobre 2010, le ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, M. Clément Gignac a présenté à l’Assemblée nationale le projet de loi n°123 sur la fusion de la Société générale de financement du Québec et d’Investissement Québec.

Commission parlementaire sur le projet de loi 123

L’Institut, par l’entremise de son président du conseil et directeur général, a présenté le 11 novembre son mémoire à la Commission des finances publiques sur le projet de loi n° 123 – Loi sur la fusion de la Société générale de financement du Québec et d’Investissement Québec

Ce mémoire fait état d’observations de l’Institut et propose un ensemble de suggestions concrètes sur ce projet de loi.

Les parlementaires ont mentionné avoir apprécié les remarques de l’IGOPP qui a défendu l’autonomie du conseil d’administration du nouvel Investissement Québec.

Le projet de loi n°123 laisse trop de pouvoirs discrétionnaires entre les mains du ministre et du gouvernement, selon MM. Allaire et Nadeau.

Rappelons que le 28 octobre 2010, le ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, M. Clément Gignac a présenté à l’Assemblée nationale le projet de loi n°123 sur la fusion de la Société générale de financement du Québec et d’Investissement Québec.

Histoire de potasse

Voilà, c’est fait, ou presque. Le gouvernement canadien bloque la transaction qui aurait permis à BHP-Billiton d’acquérir la société Potash Corp et donne trente jours à cette société pour bonifier son offre. Le gouvernement canadien pourrait fort bien autoriser cette transaction au terme de cette période de trente jours si BHP-Billiton assortit son offre de nouveaux engagements « fermes et solennels ». Les observateurs estiment un tel aboutissement peu probable.

Quels que soient les engagements que pourrait prendre BHP-Billiton, dans les faits, ces engagements seront vite et facilement contournés. Potash Corp deviendrait une simple division de BHP-Billiton ; la visibilité d’une division, la transparence de ses opérations, l’autonomie décisionnelle dont elle jouit sont bien moindres que pour une société pleine et entière cotée en bourse. Voyons comme les choses se passent chez Falconbridge, Inco et Alcan, devenus des divisions de quelque multinationale avec siège social quelque part ailleurs.

Plusieurs maitres à penser canadiens se sont montrés favorables à cette transaction, reprochent amèrement au gouvernement son inconséquence idéologique et continuent d’argumenter avec force pour que le gouvernement, en bout de piste, autorise la transaction. Leurs arguments sont curieusement spécieux.

  • Il ne faut pas empêcher les actionnaires, les « propriétaires » de la société, de bénéficier pleinement du prix offert par l’acquéreur ; comme si, en 2010, les actionnaires étaient encore ce groupe d’investisseurs stables et loyaux commis envers le succès de la société. La période moyenne de détention des actions est maintenant de moins d’un an ; dans cet univers bizarre de produits dérivés, de fonds de spéculation de toute nature, de « dark pools », de « high speed trading », des « flash orders », des ventes à découvert etc., etc., comment peut-on prétendre que les fonds ou individus (surtout des fonds d’ailleurs) qui détiennent les actions un jour donné sont encore les propriétaires légitimes de la société ayant droit à tous les égards dus aux « propriétaires ». Dans toute société normale, les touristes ne votent pas et les parieurs ne sont pas propriétaires du casino ! D’ailleurs, tout actionnaire qui veut bénéficier du prix offert par un acquéreur éventuel peut simplement vendre ses actions en bourse quelque temps après l’annonce de l’offre, le prix de l’action se déplaçant rapidement vers le prix offert. Le 4 novembre, après l’annonce du gouvernement canadien, le titre de Potash se transige à $140 alors que l’offre de BHP-Billiton se situait à $130 !
  • Puisque les sociétés canadiennes acquièrent des entreprises étrangères, il est normal que des entreprises étrangères puissent acquérir nos entreprises. Distinguons : Combien d’entreprises canadiennes ont tenté et réussi une acquisition  «hostile», non souhaitée par la direction, d’une entreprise étrangère dans le secteur des ressources naturelles ? Récemment, Alimentation Couche Tard (ACT) a fait une telle tentative, l’acquisition « hostile » d’une société américaine de dépanneurs, Casey’s. Le conseil d’administration de Casey’s s’y est opposé et pour ce faire jouissait d’une panoplie de mesures enchâssées dans la loi de l’Iowa (l’état d’incorporation de Casey’s). ACT a échoué et pourtant ne cherchait pas à prendre le contrôle d’une société exploitant des ressources non-renouvelables. Quelque 30 états américains ont adopté des lois donnant aux conseils d’administration la capacité de repousser toute tentative de prise de contrôle non souhaitée.
  • Le gouvernement canadien, en bloquant cette transaction, ternirait son image et risquerait d’indisposer les investisseurs étrangers envers le Canada. Cet argument surprend. Comme si le Canada, pays au sommet de tous les palmarès allant de la qualité de sa réglementation, au faible niveau de corruption et à l’excellence de son système judiciaire, devait quémander les faveurs des investisseurs étrangers comme quelque pays défavorisé. Aucun pays, aussi commis soit-il aux vertus des marchés libres, ne fait pas quelque exception pour ses secteurs névralgiques. Les ressources gisant dans les terres canadiennes sont-elles la propriété exclusive et monnayable des investisseurs et spéculateurs?

Que faire ?

  • La loi canadienne (et québécoise) sur les sociétés par actions commande aux membres des conseils d’administration d’agir dans l’intérêt de la société. Dans deux jugements récents, la Cour suprême du Canada a précisé ce que signifiait cette expression: Nous considérons qu’il est juste d’affirmer en droit que, pour déterminer s’il agit au mieux des intérêts de la société, il peut être légitime pour le conseil d’administration, vu l’ensemble des circonstances dans un cas donné, de tenir compte notamment des intérêts des actionnaires, des employés, des fournisseurs, des créanciers, des consommateurs, des gouvernements et de l’environnement…Les administrateurs et les dirigeants ont en tout temps leur obligation fiduciaire envers la société. Les intérêts de la société ne doivent pas se confondre avec ceux des actionnaires, avec ceux des créanciers ni avec ceux de toute autre partie intéressée. (People c. Wise, emphase ajoutée). En fait, ce sont les commissions des valeurs mobilières canadiennes qui ont édicté (en 1997) des règles de conduite pour les conseils lors de tentatives de prise de contrôle. Ces règles devraient être modernisées pour tenir compte des nouvelles réalités de l’actionnariat des sociétés ainsi que des jugements de la Cour suprême en ce qui a trait aux responsabilités et devoirs des conseils d’administration.
  • La règle de symétrie internationale devrait guider les décisions en ce domaine des prises de contrôle de sociétés canadiennes par des intérêts étrangers. Cette règle est simple et logique : aucune entreprise ou fonds d’investissement d’un pays étranger ne peut acquérir une entreprise nationale dans un secteur donné si cette dernière ne serait pas autorisée ou capable d’acquérir une entreprise semblable dans ce pays étranger.

En d’autres mots, si nos entreprises ne peuvent acquérir les vôtres, vous ne pouvez acquérir les nôtres. Dans le cas de Potash, la société BHP-Billiton est dotée d’un conseil avec élection des membres du conseil répartie sur trois ans, ce qui est une mesure très efficace contre les prises de contrôle non souhaitées. Cet arrangement fait en sorte que si, par pure hypothèse, Potash voulait acquérir BHP-Billiton, cette opération se heurterait à une entrave de taille.

Puis, le gouvernement australien laisserait-il une société étrangère prendre le contrôle de BHP-Billiton ? Cela est douteux lorsque l’on constate que le gouvernement australien s’apprêterait à bloquer la tentative de la bourse de Singapour d’acquérir la bourse australienne malgré que les deux entités conserveraient leur autonomie et seraient réglementées par leurs agences propres.

L’IGOPP au Rendez-vous 2010 de l’Autorité des marchés financiers

Le 1er novembre dernier l’Institut a pris part à la journée annuelle 2010 de l’Autorité des marchés financiers. Lors de ce rendez-vous incontournable pour les acteurs du secteur financier, l’IGOPP a présenté son bilan des cinq dernières années ainsi que sa vision de la gouvernance devant plus de 400 personnes.

Le président du conseil et le directeur général de l’Institut ont fait une intervention lors du déjeuner quelques minutes avant l’exposé du conférencier principal, le Ministre des Finances, Monsieur Raymond Bachand. Outre ce dernier, prenaient part à la table du conférencier :

  • Yvan Allaire, président du conseil de l’Institut sur la gouvernance d’organisations
  • Jean-François Blais, président, Axa-Assurances
  • Mark J. Carney, gouverneur de la Banque du Canada
  • Jacques Desbiens, président, Union-Vie
  • Isabelle Hudon, présidente de SunLife Québec
  • Monique Leroux, présidente et chef de la direction de la Fédération Desjardins
  • Pierre Lortie, conseiller principal, Affaires chez Fraser Milner Casgrain
  • Bernard Motulsky, président, Conseil consultatif de régie administrative
  • Jean St-Gelais, président de l’Autorité des marchés financiers

Plaidoyer pour un nouveau capitalisme

Cet ouvrage explique comment une lente corruption du système de marché et d’entreprise privée a mené au capitalisme de casino des années 1980 et 1990 et aux crises financières à répétition des années 2000.

Les auteurs formulent un ensemble de propositions pour établir un système économique et social plus équitable, plus moral et plus stable.

À certains égards leurs recommandations sont radicales mais nous vivons des temps de grandes perturbations…

Partenariat unique avec Investissement Québec

L’Institut est très enthousiaste à l’idée de collaborer avec Investissement Québec dans la réalisation d’un séminaire de formation pratique et adapté au contexte des PME québécoises.

L’objectif de l’Institut est que, par la contribution des formateurs et la dynamique de ce séminaire, les participants repartent non seulement avec une solide vision d’ensemble de la gouvernance mais avec des outils pratiques leur permettant de bâtir et gérer un conseil d’administration.

Le bonheur des peuples

« Il faudrait pour le bonheur des États que les philosophes fussent rois ou que les rois fussent philosophes » Platon

En 1972, le quatrième roi du Bouthan fit inscrire dans la constitution de son pays que l’augmentation du « Bonheur National Brut » devait inspirer les politiques du gouvernement, selon quatre axes précis :

  • croissance et développement économique ;
  • conservation et promotion de la culture ;
  • sauvegarde de l’environnement et utilisation durable des ressources ;
  • bonne gouvernance responsable.

Pour ne pas être en reste, le président Sarkozy, en un geste proprement napoléonien, créa en 2008 la Commission pour la Mesure des Performances Économiques et du Progrès Social  et confia à trois économistes réputés (Stiglitz, Sen, Fitoussi) la tâche de lui proposer des indices pour mesurer le progrès de la France sous son règne.

La Commission fit 12 recommandations inspirées par un thème unificateur : Il est temps que notre système statistique mette davantage l’accent sur la mesure du bien-être de la population que sur celle de la production économique, et qu’il convient de surcroît que ces mesures du bien-être soient resituées dans un contexte de soutenabilité. (Page 13)

Un enjeu historique

L’enjeu n’est pas nouveau. La Déclaration d’indépendance américaine, on l’a souvent noté, fait de « la recherche du bonheur » un droit inaliénable, égal au droit à la vie et à la liberté. Le peuple, déclarent les signataires de la Déclaration, a le droit d’établir un nouveau gouvernement selon des principes et une forme « les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur (safety and happiness) ».

Érudits qu’ils étaient, les Pères fondateurs donnaient au concept de « bonheur » une signification inspirée d’Aristote « en ce qu’il s’agit de   l’épanouissement de l’être humain dans la vie de la cité, sous la conduite de la droite raison et des vertus» mais revue et corrigée par Jeremy Bentham : « Le bonheur le plus grand pour le plus grand nombre doit fonder les mœurs et les lois »

Longtemps, ces belles phrases semblèrent, au mieux, une forme de poésie politique ou, au pire, un ratiocinage d’intellectuels. La notion de bonheur semblait par trop abstraite et subjective pour constituer un argument politique. Les gouvernements se préoccupèrent donc avec grand zèle du développement économique, de la croissance de la productivité, de l’augmentation du PIB per capita.

L’argent et le bonheur

Mais l’argent fait-il le bonheur des peuples ? En 2010, les gens se sentent-ils bien, heureux de leur sort, satisfaits de leur vie ? Les pays, comme les individus, diffèrent grandement dans leurs réponses à ces questions. Certes, le niveau de développement économique contribue fortement au relèvement du pourcentage de la population exprimant un sentiment de bien-être.

Il en fut ainsi par le passé et il en est encore ainsi pour une vaste partie de l’humanité. Le sentiment de bien-être et le niveau de satisfaction avec sa vie sont fortement associés aux indicateurs économiques mais cette relation s’affaiblit au fur et à mesure de la croissance de la richesse collective. C’est ce qui explique que l’on veuille se donner des mesures autres qu’économiques, des mesures plus variées, plus « sociales » pour apprécier la qualité de vie dans les différents pays.

L’Organisation des Nations Unies propose depuis 1990 son « Indice de développement  humain » (IDP). Depuis 25 ans, le « World Values Survey » sonde l’humeur des peuples, suppute sur les causes de leur bonheur relatif. The Legatum Prosperity Index (LGPI) propose un ordonnancement de 104 pays selon 9 mesures explicatives (selon les auteurs) de la prospérité des peuples. Le groupe Globeco publie un « Indice du bonheur mondial » (IBM) classant 60 pays sur la base de plusieurs variables rassemblées en quatre chapitres : 1.Paix et sécurité ; 2.Liberté, démocratie, droits de l’homme ; 3.Qualité de la vie ; 4.Recherche, formation, information, culture.

Puis, récemment, est apparu « The Happy Planet Index », un indice combinant trois variables : 1.L’espérance de vie ; 2.Une mesure de satisfaction avec la vie ; 3.Une mesure écologique d’utilisation des ressources. Enfin, depuis quelques années, le Canada a son propre « Indice du mieux-être ». […] Lire la suite

« Potash and Couche Tard » :

*(The opinions expressed herein are the author’s and not necessarily those of IGOPP or of its board of directors)

« In April 1990, the Pennsylvania legislature enacted one of the strongest anti-takeover bill passed by any state. The immediate purpose of that bill was to block the Canadian Belzberg family in its attempt to acquire Armstrong World Industries, a Pennsylvania company.

The wave of hostile takeovers in the 1980s, fuelled by junk bonds, leveraged buy-outs, raiders of all sorts and “green-mailers”, triggered legislative action in some thirty states in the Land of Free Markets. These anti-takeover legislations vary from state to state but they all resulted in shifting the balance of power to the board of directors. In the supposedly investor-friendly United States, state governments acted to make “hostile” takeovers very difficult, nary impossible.

Ever since American states enacted these laws, the financial community and sundry economists have lamented the “discount” in share value that results from such protection from takeovers. Yet, these laws are still very much on the books. They empower a company’s board of directors to reject an offer to buy the company if they deem that it is not in the long-run interest of the company. In some states, they may (in two states, they have to) consider the impact of the proposed takeover on all stakeholders (employees, creditors, suppliers, the community). The result may well be an enhanced offer so as to turn a hostile takeover attempt into a friendly one.

Compare this to the Canadian situation. In Canada, once a company is “in play” [i.e. an offer to buy the company has been received from a credible entity], the board’s role is limited. It must organize a proper auction for the company and, in the end, recommend that shareholders accept or reject the best offer on the table. Shareholders may disregard this recommendation. If they hand in their shares in sufficient number, the deal is done.

“Poison pills”, so-called “rights plan”, serve mainly to give the board of directors some respite while they angle for a better sale price. Anytime a company is put “in play”, by decision time, a large percentage of the shares will be in the hands of arbitrageurs and other hedge funds. They will play a significant role in deciding the fate of the company; but their motivations are simple and well known: make sure the buyer likely to offer the most money in cash is lined up and go for it. Alcan, Falconbridge and Inco are good models of the way acquisitions work in Canada.

The same process is now underway for the Potash Corporation. This company, the largest producer of a non-renewable resource with 20% of the world’s operating capacity, is now on the auction block. The board and management have few options but to seek the best price for the company and, ultimately, to recommend to shareholders to accept or reject the best offer on the table. Shareholders, whoever they may be by that time and whatever their motivations, may take or reject the board’s advice.

Alimentation Couche-Tard’s hostile bid for Casey’s

Contrast BHP-Billiton’s hostile bid for Potash Corporation with Alimentation Couche Tard (ACT)’s increasingly bitter fight to acquire Casey’s, an American operator of convenience stores, legally domiciled in Iowa.

Clearly, ACT is not bidding to acquire some company in a sensitive industry. The deal would not affect the national security of the USA, nor would it put in foreign hands a large chunk of its non-renewable natural resources. It’s all about convenience stores. Yet, the Iowa Business Corporation Act makes it virtually impossible for a would-be acquirer to succeed if the board of directors wants to resist the takeover. Shareholders have very little say in the process.

The Iowa Business Corporation Act (and it is also the case in several other state jurisdictions) provides the board of directors with the following means of fighting a hostile bid:

  • A Poison Pill Statute, which expressly permits directors to adopt “rights plans” with almost unfettered discretion as to their terms*;
  • A Business Combination Statute, which basically imposes a three-year moratorium on the acquirer combining or selling assets of the target company; this statute prevents the acquirer from extracting any economic benefit from the acquisition for a period of three years*;
  • An Other Constituencies Statute, which permits a board of directors to consider, and even favour, other constituencies, the corporation’s employees, suppliers, customers and creditors and the communities in which the corporation operates*;

Obviously, ACT will not succeed in its takeover attempt unless these statutes are successfully challenged, which is the tricky route ACT has taken. This Canadian company must thus take on the burden of demonstrating to the appropriate U.S. courts that these Iowa statutes are in violation of various acts, including the Commerce Clause of the U.S. Constitution! Good luck and Godspeed.

Conclusion

The point here is a rather obvious one. In the USA, a Canadian company is prevented by state corporate laws from taking over a fairly pedestrian company, a transaction which raises no large issues of national security or control of non-renewable resources. In Canada, a foreign-owned company may take over, with relative ease, a leading company exploiting non-renewable Canadian resources.

In the former case, boards of directors have been given powerful weapons to thwart any hostile takeover; in the latter case, the board becomes a mere sales agent for the company. The state of Iowa may have gone too far in protecting its companies against hostile takeovers. Clearly, Canada has not gone far enough.

*Quoted in the filings of ACT v. Casey’s »

 

La SEC reconnait des droits additionnels aux actionnaires de longue durée

Ce texte présente l’opinion des auteurs mais n’engage pas l’Institut ni son conseil d’administration.

Le mercredi  25 août 2010, la commission des valeurs mobilières américaine (la SEC) adoptait une mesure plutôt radicale dans l’univers conservateur de la gouvernance des sociétés cotées en bourse aux États-Unis: à trois voix contre deux, la commission formulait de nouvelles règles pour la nomination des administrateurs : un actionnaire pourra désormais soumettre des noms de candidats au poste d’administrateur à la conditions d’être un actionnaire « significatif et de longue durée » c’est-à-dire s’il détient  3% ou plus des actions votantes en circulation et ce, de façon continue, depuis trois ans.

Il s’agit d’une brèche importante dans l’idéologie dominante et pernicieuse « d’une action-un vote », d’égalité de traitement de tous les actionnaires, les actionnaires touristes et les actionnaires spéculateurs tous égaux en droit par rapport  aux actionnaires de longue durée, fidèles et loyaux à l’entreprise. Il est probable que cette décision de la SEC sera contestée devant les tribunaux.

Au Canada, la loi tant fédérale que québécoise  donne aux actionnaires représentant au moins 5% des actions le droit de proposer des candidats au conseil d’administration de la société cotée en bourse. Ces propositions de candidatures ne seront pas toutefois présentées au même titre que les candidats proposés par la direction. Puis, au Canada, ce droit n’est assujetti à aucune condition quant à la durée de détention des actions. En fait, les lois canadienne et québécoise contiennent une clause dite d’égalité de traitement (article 24-3) qui rendrait possiblement illégale une disposition comme celle que vient d’adopter la SEC.

Changement majeur

La démarche actuelle de mise en nomination de candidats au conseil d’administration est entièrement sous le contrôle de la direction et du conseil en place. Les démarches d’actionnaires pour faire élire d’autres membres au conseil que ceux proposés par la direction sont complexes, coûteuses et, la plupart du temps, futiles tellement les dés sont pipés en faveur de la direction de l’entreprise.

Ainsi, selon le mode d’élection présentement en cours les actionnaires qui sont insatisfaits du conseil, disons, en raison des rémunérations variables versées aux dirigeants n’ont d’autre choix au moment de l’élection des membres du conseil que de « retenir » leur vote; ils ne peuvent voter contre un candidat et surtout ne peuvent voter pour un autre candidat au même poste.

Les nouvelles règles adoptées par la SEC ne donneront pas lieu à une série de putschs au conseil des grandes sociétés américaines. D’abord, les actionnaires significatifs et de longue durée ne pourront proposer des candidats que pour 25% des postes au conseil; de plus, cette règle ne s’appliquera pas si ces actionnaires cherchent à effectuer un changement de contrôle de la société.

Les actionnaires de durée

L’Institut sur la gouvernance (IGOPP) propose depuis 2006 que l’on modifie le cadre juridique canadien et québécois pour permettre une reconnaissance de droits accrus aux actionnaires de durée. Ainsi, il nous semble approprié que les actions ne comportent un droit de vote qu’une année après leur achat. Dans un monde dominé par les tractations de fonds de spéculation, alors que la période moyenne des actions des sociétés fait moins de six mois, la société canadienne et québécoise ne peut confier bêtement sa destinée économique aux vents et humeurs de la spéculation et de la « mondialisation ».

Ces nouvelles normes pourraient avoir un impact important dans une situation comme la tentative de prise de contrôle de la société Potash. Depuis l’annonce des intentions de BHP Billiton, plus de 50% des actions de Potash ont changé de mains.  Un grand nombre d’actions fut acheté très récemment par des fonds de tout acabit flairant une bonne affaire. Selon le principe qu’il faut attendre une année avant de pouvoir exercer le droit de vote, tous ces « nouveaux » actionnaires ne pourraient voter pour ou contre l’acceptation d’une éventuelle offre d’achat. Le principe proposé ferait en sorte que le sort de la société Potash soit dans les mains d’actionnaires d’une certaine durée et ne subisse pas l’influence de mercenaires fraichement débarqués.

L’entreprise doit compter sur des actionnaires stables et patients qui comprennent  et appuient sa stratégie et savent que son exécution se déploie sur plusieurs années. Ce type d’actionnaires ne peut être traité de façon égale aux actionnaires de court terme cherchant un profit rapide.

Conclusion

Sentant le vent de changement qui souffle sur le système financier américain et consciente des critiques à l’égard des comportements de moult conseils d’administration avant, pendant et après la crise du système économique américain, la SEC vient d’ouvrir une porte jusqu’à maintenant verrouillée à double tour.

Il est important que les législateurs canadiens ainsi que nos commissions des valeurs mobilières prennent bonne note de cette nouvelle donne : les actionnaires ne sont pas tous égaux; on peut reconnaitre légitimement des droits additionnels aux actionnaires de durée!

 

« Magna and the price of control »

« (The opinions expressed in this text are those of the writer and not necessarily those of the Institute or of its board of directors)

Alas, the company’s magna cum laude performance as a first rate industrial concern is not matched by its performance in the shareholder business, where it deserves a severe magno cum opprobrio. Let’s see why.

The coattail

In an early, path-breaking move, the Toronto stock exchange decreed in 1987 that any company issuing a class of shares with superior voting rights would have to include a provision that no offer to acquire the class of controlling shares would be valid without the would-be acquirer making a concurrent offer at the same terms and conditions to the other class of shareholders (the “coattail provision”). The TSX did not impose a period of transition but grand-fathered the rights of dual-class companies to continue without a coattail provision. As a result, in 2006, more than 20 years later, 13 of the 96 Canadian companies with a dual class of shares still did not have a coattail provision, among which, Magna International.

Absent a coattail provision, it is consistent with financial market practices to be paid a “control” premium at takeover time or at the time of reverting to a single class of shares. Magna did not adopt a coattail provision (when many other companies, also “grand-fathered”, did so); control is exercised by the founding shareholder through a very small fraction of the equity (66% of votes with 0.6% of the equity). What is it worth then to shareholders to be rid of that capital structure?

The irony here is that because the ownership structure of Magna is so unusual, even abnormal, the controlling shareholder can extract large sums of money to give it up! The management information circular on the transaction points to the fact that ”..despite Magna’s strong operating and financial performance, …voting shares have traded at enterprise value, to EBITDA multiples that are significantly below Magna’s industry peers” (page 7). No doubt a few years ago, Magna’s management would have deemed this sort of calculus misguided, equivalent to comparing apples and oranges.

The Valuation Conundrum

Be that as it may, one can juggle the numbers in myriad ways but, in the end, there is little doubt that the market value of Magna would increase by some 15% to 20%, should its peculiar dual-class structure be eliminated. Given that Magna had a market value of some $7.3 billion before the announcement of the proposed transaction, this premium would translate in an additional market value of between $1.1 and $1.4 billion. Is disbursing some $$840 million to the controlling shareholder to achieve that market premium fair and appropriate?  Does it reflect an effective bargaining process between the special committee and the controlling shareholder? The controlling shareholder’s leverage, and the putative value of his shares, comes from the fact that he could, on his own decision, sell the control of the company while all other shareholders get nothing. Would an outside party pay some $840 million to gain control of Magna (but only 0.6% of the equity)?

The proposed transaction is, or should be, the outcome of tough negotiations between the special committee and the controlling shareholder. The result of that negotiation would normally be supported by both parties. Why is it that the special committee refuses to recommend that shareholders vote in favour of the transaction?

Recommendations

The Institute that I chair took a policy position in 2006 on capital structures with dual class of shares. Though generally favourable to this type of ownership structure, the policy paper made several recommendations, two of which are particularly relevant to the Magna case.

  • Tighten and broaden the coattail provision to all dual-class share structures such that any offer to buy control from a controlling shareholder in these companies  must include an offer on the same terms and conditions to all other shareholders.
  • Absolute, legal, control of a corporation through shares with superior voting rights should not be achieved without the controlling shareholder owning at least 20% of total equity.

The voting power dilution resulting from dual-class shares varies enormously across Canadian companies. Overall, the median voting power dilution (in 2005) was 4,38 (meaning that the median controlling shareholder has 4.38 times more votes than the percentage of the equity he/she owns). Magna, at 100, is clearly an outlier.

A number of reasons support a 20% threshold. Indeed, that level of equity ownership by one shareholder is deemed to result in effective control of the company; no transaction is likely to succeed without the assent of that shareholder.

Empirical studies have pointed out that too large a discrepancy between voting power and the percentage of equity held by a controlling shareholder (referred to as economic interest) may lead to an increased risk of misalignment between the interest of the corporation and the interest of this shareholder.

Therefore, a shareholder should own at least 20% of the total equity to maintain absolute control of a company. Such a rule provides entrepreneurs with considerable latitude for growth of their company before their voting power falls below 50% (but their effective control would remain formidable even at that point).

Conclusion

By its ownership structure, Magna is a sort of dinosaur, a soon-to-be extinct species of corporation: huge voting power dilution for subordinate shares and the absence of a coattail provision. Is the cost of its extinction too high? Is the sharing of benefits between the controlling shareholder and the other shareholders fair?

At any rate, Magna should not become the stick to beat on dual class of shares. This form of ownership has played an important role in the make-up of the Canadian industrial structure and is generally beneficial as long as a suitable framework is in place to protect minority shareholders. »

« Obsessing about a national securities commission »

« (This comment reflects the opinion of the author and not necessarily that of the Institute or of its board of directors)

It is curious, even strange, to hear the federal finance minister on May 26th 2010 repeat, like a well-trained parrot, the same lame arguments about why Canada must have a single, national, securities commission. The French version of the argument was even more pathetic.

Let’s single out some pearls of tortured logic.

“A national commission will result in cost savings for the benefit of issuers”; but the new system will call for a new national super-structure; yet there should not be any staff reduction in the personnel of provincial commissions (who, in participating provinces, will become (better paid?) federal civil servants)!

“Canada is the only country member of the OECD which does not have a national securities commission”; but as Terence Corcoran wrote in the Financial Post on May 26th “Canada is the only developed country without a national regulator and the only country not to be burned by the global financial crisis, therefore Canada will create a national regulator. Doesn’t work as a logical syllogism.” Canada indeed fared best when most everywhere else their financial system was going over the cliff!

“Canada is an international laughing stock with its 13 jurisdictions”; but international organizations, far from laughing at Canada, regularly rank our country among the best for its corporate governance and the protection of investors! For instance, in an OECD report, Canada came in 2nd for the quality of overall securities regulation ahead of the USA (4th) and the UK (5th). The World Bank ranked Canada in 5th place for investor protection, again ahead of the United States (7th) and the United Kingdom (9th).

“A single national regulator will do a better job of enforcing the law and prosecuting criminals”; but the federal government is already responsible for the legal framework governing the prosecution of criminal cases, a framework that differs radically from the American system of justice; furthermore, the evidence is mounting that efforts at centralized investigation and litigation have been disappointing; moreover, the track record of “national” securities commission in other countries provides very tepid support for centralized arrangements. It is instructive and discomforting to read how the Boston office of the SEC had tried, in vain, for several years to bring the Washington SEC enforcement authorities to look into Bernard Madoff’s affairs; so much for the superior coordination of a centralized organization.

“A national securities commission will result in simpler, more effective processes for investors”; again the bugaboo of 13 jurisdictions is trotted out; there is a wilful ignorance of the effective coordination that has been put in place by provincial securities commission (with Ontario opting out!), that a single filing is required to satisfy the requirements, that a recent, little known invention, called the Internet, has made filing and reporting a simple, inexpensive process. » […] Lire la suite

Avis de déménagement de l’IGOPP

Veuillez prendre note de nos nouvelles coordonnées

Veuillez prendre note qu’à compter du 1er juin l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques (IGOPP) sera relocalisé à l adresse suivante :

  • 1000, rue de la Gauchetière ouest, bureau 640 Montréal (Québec) H3B 4W5

Nos nouveaux numéros de téléphone et télécopieur seront également changés pour les numéros suivants :

  • Téléphone : 514 439-9301
  • Télécopieur : 514 439-9305

Si vous avez des questions ou avez besoin de plus amples informations, n’hésitez pas à nous contacter.

Hommage prestigieux pour Black Markets and Business Blues

Cet ouvrage inédit co-écrit par le président du conseil de l’IGOPP, le professeur Yvan Allaire a gagné le prix Argent de l’Independant Publisher Books Awards, de New York.

À l’occasion de l’annonce des lauréats des prestigieux « Independant Publisher Book Awards », le livre de notre président de conseil « Black Markets and Business Blues : The Man-Made Crisis of 2007-2009 and the Road to a New Capitalism » a remporté le prix Argent dans la section Current Events. L’ouvrage des professeurs Yvan Allaire, président du conseil de l’IGOPP et Mihaela Firsirotu, titulaire de la Chaire Bombardier – UQÀM, figure ainsi en bonne compagnie parmi les ouvrages sélectionnés avec This Time is Different : Eight Centuries of Financial Folly de Carmen M. Reinhart et Kenneth S. Rogoff. La remise des prix a eu hier soir lors d’un grand gala à New-York.

D’une dérive grecque à une crise européenne

Madrid, le 14 mai. Au moment d’écrire ces lignes, la Grèce subit de graves désordres sociaux,  l’euro est en forte baisse, le Portugal et l’Espagne se préparent à la tempête qui s’annonce, la survie de la zone euro repose sur les jeux de pouvoir de l’Allemagne et de la France…ainsi que sur les manœuvres des spéculateurs

Certains l’avaient prédit, les mesures prises par les gouvernements en 2007-2009 pour  sauver leurs institutions financières de la déconfiture et pour composer avec la récession amenée par la crise financière de 2007-2008 ont semé les germes d’une crise macro-économique de grande envergure.

Ainsi de 2007 à 2010, la dette nette (en pourcentage du PIB) de tous les pays de la zone euro est passée de 43,3 % à 57,9%, celle des États-Unis, de 42,3% à 65, 2%. Le Canada reste en bonne posture sa dette nette ayant augmenté de 23,1% à 32,6%.

La Grèce, le pays déclencheur de la présente crise, a vu sa dette nette grimper de 70,4% en 2007 à 94,1% en 2010, le ratio le plus élevé, après le Japon et l’Italie, de tous les pays de l’OCDE. Pire encore, une fois corrigée de certaines entourloupettes comptables, le déficit budgétaire de la Grèce fait quelque 12,7 % de son PIB!

Mais pourquoi ces résultats financiers de la Grèce mettent-ils en péril tout l’édifice de l’euro? Supposons, par analogie, que la province de la Nouvelle Écosse dont le PIB dans l’ensemble canadien équivaut à peu près à celui de la Grèce dans la zone euro (quelque 2,5%), se soit fortement endettée et que son déficit budgétaire soit devenu insoutenable. Évidement cette hypothèse est fort improbable car le système fédéral canadien, contrairement à la zone euro, comporte de mécanismes de péréquation, de paiements de transfert et de stabilisateurs, comme l’assurance emploi, qui sont déclenchés automatiquement pour appuyer une province en difficulté fiscale.

Supposons, aussi implausible que cela soit, que la Nouvelle Écosse se trouve en telle situation. En quoi cela menacerait-il le dollar canadien ou le coût et la capacité des autres provinces canadiennes de financer leurs dettes? Le gouvernement de la Nouvelle Écosse devrait discuter avec ses créanciers d’arrangements et de restructuration, incluant la possibilité pour ceux-ci de ne recevoir qu’une fraction des montants prêtés à la Nouvelle Écosse. De telles négociations et restructurations sont pénibles et laissent des traces sur la réputation du débiteur. Elles sont toutefois fréquentes et dans l’ordre des choses dans les milieux financiers. […] Lire la suite

Au pays des merveilles…et de la spéculation

« Alice se trouve prise au piège d’un monde où la logique a été abandonnée au profit de la folie »   Les aventures d’Alice au pays des merveilles par Lewis Carroll.

Le 17 avril 2010, la Securities and Exchange Commission (la SEC) ose porter des accusations de fraude contre Goldman Sachs pour une opération en tout point semblable à des centaines d’autres menées par les banques d’affaires et les fonds de spéculation au cours des années 2004-2007. «The worst day in my professional life, déclare le PDG de Goldman Sachs. Pire, le 27 avril, les dirigeants de Goldman Sachs, soumis à un interrogatoire en règle par les membres d’un sous-comité sénatorial, sont vertement semoncés pour leur « manque d’éthique », pour le « caractère immoral » de leurs opérations.

Illégal ?

Goldman Sachs est très, très fâché. Les fonds de spéculation sont perplexes. Comment peut-on commettre un acte illégal quand, depuis 1999-2000, le gouvernement américain s’est évertué à dérèglementer, à éliminer toutes les entraves à la spéculation financière, que les lois et les règlements sont rédigés de façon à rendre légales toutes les opérations de ce type ? C’est à n’y rien comprendre. Voilà que soudainement, on s’étonne, on joue aux vierges offensées, on cherche noise aux banques d’affaires et aux spéculateurs !

Qu’est ce que Goldman Sachs aurait fait de répréhensible ? Rien, presque rien. À la demande d’un fonds de spéculation (Paulson and Co.), ils ont créé un montage de prêts hypothécaires de faible qualité, pour lequel le fonds de spéculation aurait fait des suggestions visant à ce que la qualité globale du montage soit la plus faible possible. Car, le fonds de spéculation a l’intention de parier sur la déconfiture de ce montage. Plus exactement, le spéculateur va prendre une assurance, qui n’est pas une vraie assurance, qui lui paiera de larges sommes si, plutôt, quand la valeur de ce montage d’hypothèques pourries s’effondrera. Au pays des merveilles, les agences donneront une note de crédit à ce montage du même niveau de qualité que la dette du Canada!

Goldman Sachs a vendu ensuite les morceaux (ou tranches) de ce montage à des investisseurs supposément sophistiqués qui ne savaient pas dans quel monde merveilleux ils avaient abouti. Croyant les agences fiables, les règles et les lois bien respectées, ignorant que Paulson and Co. aurait contribué un tantinet au choix des hypothèques ainsi assemblées, ils ont investi dans ce montage.  Au pays des merveilles et de la spéculation, il n’y a pas là de quoi fouetter un chat. Tout le monde savait, ou devait savoir, que cela se passait ainsi. Les mots ont le sens qu’on leur donne. L’infraction de Goldman Sachs, si infraction il y a eu, équivaut à garer son auto dans un endroit interdit.

Immoral ?

Au pays qu’habite les Goldman Sachs et compères ainsi que les Paulson et autres fonds spéculatifs, les opérations de Goldman en 2007-2008 méritent admiration, respect, accolades. Sentant venir la débandade des prêts sub-prime (ou de faible qualité de crédit), Goldman a mis en branle un plan d’action énergique pour se protéger contre tous ces produits toxiques sur son bilan ; il fallait en réduire la quantité, ce qui n’est pas si facile dans le climat du moment ; alors, il faut acheter massivement des « assurances » (des dérivés de crédit ou CDS) pour protéger l’entreprise contre la déconfiture de ce marché.

Ayant réussi à exécuter avec brio ce plan d’action, Goldman afficha même des profits lors de l’implosion du marché des hypothèques sub-prime. Leurs actionnaires applaudissent, leurs rivaux les envient, la haute finance les encense.

On pourrait leur reprocher, qu’ayant senti la fin de ce marché Goldman ait continué de mettre en marché des montages de prêts sub-prime, prenant bien garde de se protéger contre tout risque; mais Goldman vous expliquera que leurs clients en voulaient toujours de ces sub-primes et que les agences de crédit continuaient d’attribuer leurs plus hautes notes à ces montages. Goldman ne pouvait laisser passer les plantureux honoraires associés à ces opérations, lesquelles auraient été menées par leurs concurrents de toute façon.

Qu’y a-t-il d’immoral en tout cela ? Si Goldman n’est pas tout à fait un artisan de l’ « œuvre de Dieu », comme le déclarait en novembre 2009 son PDG Lloyd Blankfein, la société n’a fait que bien gérer ses risques pour le plus grand bien de ses actionnaires, principe fondamental de la libre entreprise et des marchés financiers. […] Lire la suite