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« Quebec’s tough anti-takeover talk is all to protect eight companies »

[…] «That may be true. As Yvan Allaire of Montreal’s Institute for Governance wrote in an opinion piece this week: “The legislative measures the working group is proposing are draconian.”

Among them: Allowing Quebec companies to adopt variable voting rights that could increase the longer shares are held (the aim being to keep the influence of what Caisse de dépôt boss Michael Sabia calls “investor tourists” lower than longer-term shareholders). The panel also proposes enshrining into Quebec law a number of provisions found in many U.S. states making a hostile deal less appealing to a potential acquirer. These include prohibiting the removal of directors before their term is up and prohibiting a hostile bidder from merging or selling assets representing 15% or more of the company for five years (the intention being to stop a bidder from financing a deal with the target’s assets).

The measures stretch past the power-enhancing steps for boards enacted in places such as Delaware, Mr. Allaire says, inching closer to the dissuasive regime in states like Pennsylvania, which aims to quash all the potential benefits from a non-friendly deal » … Lire la suite

Comment garder nos sièges sociaux

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La formule est accueillie favorablement, mais jugée restrictive et complexe. De nos jours, les actionnaires détiennent leur placement durant 1,8 année. «Même de grands investisseurs institutionnels ne se qualifieraient pas», dit l’expert Yvan Allaire, qui préfère n’accorder le droit de vote qu’à ceux qui détiennent leurs actions depuis plus d’un an.

La deuxième mesure du comité, soit d’encadrer l’entreprise prédatrice dans sa gestion future de la proie, est très mal reçue. Par exemple, le comité suggère d’empêcher le prédateur de revendre pendant cinq ans les actifs importants de la proie, représentant 15% ou plus de l’organisation. «En pratique, ça deviendra impossible à gérer pour le gouvernement», dit le professeur Michel Magnan.

L’expert Michel Nadeau, tout comme MM. Allaire et Magnan, juge toutefois très pertinente la troisième mesure. Le comité propose d’inscrire dans les règles que la responsabilité du conseil d’administration est non seulement de maximiser la valeur des actionnaires, mais aussi de prendre en compte l’intérêt de l’entreprise dans son ensemble. Cette notion a été reconnue par la Cour suprême et est aussi appliquée au Delaware, l’État où sont incorporées 60% des entreprises américaines.

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Le Québec : sièges sociaux et prises de contrôle

Le rapport du mal-nommé Groupe de travail sur la protection des entreprises québécoises a été rendu public sous forme d’annexe au budget présenté jeudi le 20 février par le ministre des Finances. Son mandat comportait deux volets :

  • Recommander des mesures qui pourraient favoriser le maintien et le développement des sièges sociaux au Québec;
  • Recommander des mesures qui pourraient permettre aux entreprises du Québec de mieux se protéger contre des prises de contrôle non souhaitées.

En fait, le Groupe de travail devait surtout résoudre deux dilemmes :

  • Le rapport du Groupe de travail fait derechef le constat que l’attrait et la rétention de sièges sociaux s’appuient sur des considérations fiscales, politiques et sociales; la stabilité politique, un climat social harmonieux, une bonne qualité de vie, le coût de la vie jouent un rôle important dans ces décisions. Comment traiter de ces sujets sans déborder du cadre du mandat établi pour le Groupe de travail?
  • L’enjeu des prises de contrôle «hostiles» est canadien et non seulement québécois. Si les propositions de l’Autorité des marchés financiers (AMF) étaient endossées par les autres commissions des valeurs mobilières du Canada (et surtout par la commission ontarienne), le Canada jouirait alors d’un régime en matière de prise de contrôle non souhaitée qui serait semblable à l’État du Delaware aux États-Unis (où plus de 60% des grandes entreprises américaines ont leur siège juridique). Ce résultat nous conviendrait parfaitement puisque les conseils d’administration retrouveraient alors leur autorité pour évaluer si, oui ou non, une offre d’achat pour leur société est conforme à l’intérêt à long terme de la société, tenant compte des intérêts des parties prenantes concernées.

Or, le dilemme est le suivant : que le Gouvernement du Québec devrait-il faire si les propositions de l’AMF sont rejetées et que le régime actuel est maintenu, lequel dépouille les conseils d’administration de toute autorité et ne fournit aucune protection contre les prises de contrôle « hostiles »?

Sièges sociaux

Le Groupe de travail, présidé par Claude Séguin, a accompli un travail sérieux et particulièrement utile en ce qui concerne le rôle et l’importance des sièges sociaux pour l’économie du Québec (578 sièges sociaux, environ 70 000 emplois directs et indirects, quelque 5 milliards $ de contribution au PIB québécois).

À juste titre, le Groupe de travail s’inquiète de l’amenuisement des avantages relatif du Québec par comparaison à d’autres lieux, ce qui « accentue l’effet négatif de faiblesses réelles ou perçues.» Le message est discret et feutré mais néanmoins clair!

Le Groupe de travail propose quelques mesures qu’il juge susceptibles de rendre le Québec plus attrayant pour d’éventuels sièges sociaux (ou conserver ceux qui sont déjà là). Bien que conceptuellement plausibles, certaines des mesures suggérées risquent fort de rester sans suite politique. Ainsi, la suggestion de diminuer les impôts que doivent payer les hauts dirigeants d’entreprises lors de l’exercice de leurs options d’achat d’actions, même si ce n’est que pour rendre la fiscalité québécoise comparable à la fiscalité des autres provinces canadiennes, ne s’inscrit pas dans le Zeitgeist du moment.

Par contre, les recommandations du Groupe de travail portant sur la transmission de la propriété des entreprises d’une génération à la suivante ou à des dirigeants québécois appuyés par des fonds d’investissement méritent d’être mises en place dans les meilleurs délais.

Évidemment, une façon de protéger les sièges sociaux du Québec consiste à empêcher l’acquisition d’entreprises québécoises par des entreprises « étrangères » contre la volonté des dirigeants et administrateurs de la société. C’est par ce biais que les deux volets du mandat donné au Groupe de travail prennent un certain sens.

Prises de contrôle non souhaitées

Ce Groupe de travail a été créé dans la suite de l’affaire RONA. La velléité de la société américaine Lowe’s d’acquérir RONA survenant à la veille d’une campagne électorale au Québec avait suscité un vif émoi et un consensus politique qu’il fallait se donner les moyens de bloquer de telles manœuvres « hostiles ».

Or, comme le note le rapport du Groupe de travail, les tentatives « hostiles » de prise de contrôle d’entreprises québécoises par des entreprises « étrangères » sont peu nombreuses. De 2001 à 2013, on ne compte que sept (7) tentatives de cette nature (sur un nombre total de 671 transactions d’acquisitions). Quatre d’entre elles ont échoué ou furent abandonnés; trois menèrent à une vente de l’entreprise à un acquéreur autre que celui qui avait initié la tentative « hostile ». Parmi ces trois cas, on trouve, bien sûr, Alcan et Microcell.

Par ailleurs, le rapport du Groupe de travail rapporte les données colligées par l’auteur de ces lignes montrant que des 50 plus grandes entreprises québécoises (selon leur valeur boursière), la moitié n’est pas vulnérable à une prise de contrôle non souhaitée parce qu’un actionnaire (ou des actionnaires reliés) détient le contrôle effectif de la société, ou en vertu des lois canadiennes protégeant la propriété des banques, des sociétés d’assurance, de télécommunications et de transport aérien.

Pour les 25 entreprises « vulnérables » à une tentative de prise de contrôle non souhaitée, seulement 8 sont constituées en vertu de la loi québécoise, les 17 autres étant constituées selon la loi fédérale.

Ces données mettent en perspective la gravité toute relative du problème et les enjeux que soulève toute intervention de nature législative entreprise par le seul gouvernement du Québec.

Le Groupe de travail aboutit à un ensemble de recommandations visant à donner une autorité accrue aux conseils d’administration dans ces situations d’offres d’achat non souhaitées. Voyons donc :

  • Amender la loi québécoise sur les sociétés par actions pour permettre à une société d’accorder un droit de vote additionnel pour les actions détenues depuis plus de deux ans; cette mesure existe en France entre autres pays. Cette proposition est inférieure à celle défendue depuis plusieurs années par l’IGOPP qui consiste à n’accorder le droit de vote qu’après une période de détention d’une année. Cette façon de faire s’apparenterait tout naturellement au concept démocratique de citoyenneté; un nouvel arrivant dans un pays y acquiert des droits et des obligations mais le droit de vote seulement après une période de temps et l’acquisition de la citoyenneté. La mesure proposée par l’IGOPP a le grand avantage d’être plus simple à gérer et de vraiment limiter l’influence des actionnaires touristes et spéculateurs qui affluent lors de toute annonce d’offre d’achat d’une entreprise. Compte tenu que la période de détention moyenne des actions par les investisseurs institutionnels dit patients et de « longue » durée tourne autour de 1,82 an, ceux-ci ne pourraient influencer sensiblement le cours des évènements selon la proposition du Groupe de travail.

Enfin, pour que de telles mesures soient efficaces, il faudrait que la loi fédérale sur les sociétés par actions soit également amendée. Or, il me semble plus facile de convaincre le législateur fédéral d’inclure une mesure apparentée à la citoyenneté qu’une mesure qui ne correspond à aucun principe démocratique comme celle de multiplier les votes par deux après deux ans de détention.

  • Inclure dans la loi québécoise sur les sociétés par action des dispositions interdisant certaines opérations aux initiateurs d’une offre publique d’achat (OPA) « hostile ».

Le Groupe de travail reprend ainsi certaines mesures que l’on retrouve dans les lois de certains États américains, comme la Pennsylvanie par exemple. Ces mesures font en sorte, soit, d’éliminer tous les bénéfices recherchés par une OPA non souhaitée, soit de rendre improbable que l’opération puisse réussir. L’effet net est d’inciter les parties à une négociation pour convertir une OPA « hostile » en OPA « amicale » appuyée par le conseil d’administration.

Il est curieux de trouver parmi ces mesures : « la révocation du mandat en cours d’un administrateur (d’une durée maximale de trois ans) ne pourra s’effectuer avant la fin de son terme ». Cette mesure, qui consiste à élire que le tiers des administrateurs chaque année pour un terme de trois ans, empêche de prendre le contrôle du conseil en une seule contestation de l’élection des administrateurs. Cette façon de faire tend à disparaitre aux États-Unis où elle est férocement combattue par la plupart des grands fonds institutionnels. De plus, comme le note le rapport du Groupe de travail, cette mesure, virtuellement absente au Canada, « irait à l’encontre des exigences de la Bourse de Toronto ».

Enfin, ces mesures dissuasives ne sont pas nécessaires, rebutent beaucoup d’observateurs et seraient certainement rejetées par le législateur fédéral. Le Québec (et le Canada) devrait chercher à se rapprocher du contexte juridique au Delaware (où plus de 60% des grandes entreprises américaines ont établi leur domicile juridique) plutôt que du contexte juridique de la Pennsylvanie. C’est justement l’objectif recherché par les propositions de l’Autorité des marchés financiers.

  • Le Groupe de travail appuie les propositions de l’AMF qui mettrait le Canada au diapason du Delaware. Voici le véritable défi. Le Ministre des finances du Québec doit convaincre ses collègues des autres provinces du bien-fondé de ces propositions afin que les commissions des valeurs mobilières des autres provinces (de l’Ontario tout particulièrement) adoptent la position de l’AMF. Est-il en mesure de relever ce défi? Jouit-il de la crédibilité nécessaire pour convaincre ses homologues?

Si les autres commissions des valeurs mobilières refusent d’adopter les mesures proposées par l’AMF, alors le Gouvernement du Québec devrait-il faire cavalier seul? Le Groupe de travail est sibyllin à ce sujet, recommandant que le Ministre des finances « détermine si des changements de nature législative ou réglementaire pourraient faciliter une telle mise en œuvre de la proposition de l’Autorité».

Conclusions

En somme, le Groupe de travail souhaiterait que les propositions de l’AMF soient adoptées pour l’ensemble du Canada. Alors, le problème est réglé et on n’a pas à recourir aux autres mesures envisagées dans leur rapport. Toutefois, si les commissions des valeurs mobilières du reste du Canada refusaient de changer leurs règles s’appliquant aux offres d’achat non souhaitées, le Groupe de travail propose des mesures législatives draconiennes mais qui n’auraient d’effet que pour les 8 entreprises vulnérables constituées en vertu de la loi québécoise.

Le Groupe de travail semble croire que de telles mesures de protection pourraient inciter plus d’entreprises à se constituer juridiquement au Québec à l’avenir. Peut-être mais c’est le Delaware qui attire les grandes sociétés américaines et non la Pennsylvanie.

Le Groupe de travail entrouvre une boite de Pandore en invitant le Ministre des finances à évaluer s’il serait approprié de mandater l’AMF de mettre en place ses propositions même si les autres commissions des valeurs mobilières refusent de les adopter. Voyons la difficulté : une entreprise avec siège social au Québec, constituée selon la loi fédérale et inscrite à la Bourse de Toronto fait l’objet d’une offre d’achat « hostile » provenant d’une entreprise ontarienne. Selon les nouvelles règles de l’AMF, le conseil peut de son autorité rejeter l’offre d’achat sans consulter les actionnaires. Selon la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario, le conseil n’a pas cette autorité. L’entreprise étant inscrite à la Bourse de Toronto, quel régime s’applique alors? Une telle situation mènerait tout droit à la Cour suprême et fournirait de précieuses munitions à ceux qui plaident pour une commission nationale des valeurs mobilières.

La mesure la plus efficace pour barrer la route à toute tentative d’achat non souhaitée demeure les actions à vote multiple. Il est curieux que le Groupe de travail ne fasse pas la recommandation aux entrepreneurs de se doter d’une telle structure de capital. Nos champions industriels québécois et canadiens se sont faits et ont maintenu leur indépendance grâce à ce type de structure de propriété.

Évidemment, les entrepreneurs, lorsqu’ils envisagent de recourir à l’épargne publique, se font avertir par les banquiers d’affaires que les investisseurs « n’ont pas d’appétit pour ce type de structure », que le « marché va placer un escompte sur leur titre ». Ces bobards sont démentis par trop d’exemples concrets pour qu’on leur accorde quelque crédibilité; surtout que depuis peu la Coalition canadienne pour la bonne gouvernance, un regroupement de tous les grands fonds institutionnels canadiens, naguère farouchement opposée aux actions à vote multiple, vient d’adopter une position favorable à ce type de structure de capital lorsque bien encadrée.

Quant aux recommandations pour favoriser le maintien et le développement des sièges sociaux au Québec, le Groupe de travail évite sagement de déborder de son mandat et de se hasarder dans les terrains minés de la « stabilité politique », de la « paix sociale » pour s’en tenir aux considérations fiscales.

Les opinions exprimées dans ce texte n’engagent que l’auteur.

La reddition de compte des grands aéroports au Canada devrait être renforcée

« Selon une étude rendue publique la semaine dernière par l’Institut sur la gouvernance (IGOPP), les aéroports, qui sont des biens publics jouissant d’une position de quasi-monopole sur leurs marchés respectifs, devraient soumettre leurs décisions d’investissements importants et de hausses de tarifs à un mécanisme indépendant de révision.

Or, depuis la décision d’Ottawa de céder la gestion des installations à des organismes régionaux, il n’est pas clair à qui les conseils d’administration des aéroports au Canada doivent rendre des comptes.

Puissant moteur économique à l’échelle locale, les aéroports canadiens perdent des parts de marché aux dépens des aéroports transfrontaliers américains. Pour renforcer l’intégration des aéroports à l’économie des régions, le gouvernement canadien pourrait compléter le processus de « dévolution » de la gestion des aéroports et offrir aux provinces et aux municipalités la possibilité de se porter acquéreurs des installations aéroportuaires. Ottawa conserverait naturellement les responsabilités stratégiques des douanes, de l’immigration et de la sécurité aérienne.

Cette étude a été menée par le professeur Jacques Roy de HEC Montréal et Michel Nadeau, directeur général de l’IGOPP » …

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Transférer les aéroports aux provinces et aux municipalités

 » Une étude de l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques (IGOPP) parue le 3 février appuie le projet de la mairesse de Longueuil de municipaliser l’aéroport de Saint-Hubert.

Selon l’étude, le gouvernement canadien devrait permettre aux provinces ou aux municipalités de devenir propriétaires des aéroports.

Les auteurs de l’étude, Jacques Roy de HEC Montréal et Michel Nadeau, directeur général de l’IGOPP, mentionnent que les aéroports sont de puissants moteurs économiques à l’échelle locale, mais ne jouent ce rôle comme ils le devraient. En effet, les aéroports canadiens perdent des parts de marché aux dépens des aéroports transfrontaliers américains. Le transfert des aéroports aux provinces ou aux municipalités permettrait de «renforcer l’intégration des aéroports à l’économie des régions.» De plus, les aéroports n’auraient plus à verser un loyer au gouvernement canadien » …

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La nouvelle gouvernance du Fonds de solidarité

La Commission Charbonneau a bien ancré la perception populaire qu’une gouvernance défaillante avait mal servi les intérêts du Fonds de solidarité et de ses actionnaires.

Un comité spécial fut mis sur pied par le conseil du Fonds pour revoir en profondeur ses règles et principes de gouvernance. Le comité a rendu public son rapport jeudi le 6 février.

Le comité a accompli un travail sérieux; il a mené de larges consultations, incluant auprès d’experts indépendants, dont l’auteur de ce texte. Il a formulé un ensemble de propositions de réforme aptes à corriger les failles et déficiences de la gouvernance du Fonds.

En conférence de presse, on a aussi annoncé le départ prochain de M. Yvon Bolduc, le PDG du Fonds.

Deux aspects de la gouvernance du fonds ont fait surtout l’objet de commentaires critiques :

  • Le cumul des fonctions de président de la FTQ et de président du conseil du Fonds; le comité tranche en proposant que dorénavant la présidence du conseil du Fonds soit assumée par un membre indépendant du conseil. M. Robert Parizeau assumera cette fonction très prochainement, ce qui est certes une bonne décision.
  • La majorité absolue des membres du conseil (soit 10 membres) sont nommés par la FTQ; le comité propose de réduire à 7 le nombre de membres nommé par la FTQ et d’augmenter de 4 à 7 le nombre de membres indépendants; quatre autres membres proviendraient de personnes ayant posé leur candidature (assujettie de certaines conditions); ces candidatures seront soumises au vote de l’ensemble des actionnaires (par procuration ou en personne à l’assemblées annuelle). Il est fort probable que ces quatre personnes soient en bout de piste des membres de la FTQ ou d’autres syndicats.

Cette proposition ne répond qu’en partie aux préoccupations exprimées puisque le conseil pourrait possiblement, plausiblement, compter jusqu’à 11 membres sur 19 (en ajoutant le PDG) provenant de la FTQ. Il est vrai que plusieurs nouvelles balises s’ajoutent au mode de fonctionnement actuel. Ainsi, les comités sectoriels d’investissement seront présidés par un membre indépendant et constitués d’une majorité de membres indépendants. Ces comités prendront la décision finale pour tout projet d’investissement inférieur à $25 millions. Donc, très peu de dossiers se rendront jusqu’au conseil d’administration pour approbation.

Le comité recommande aussi l’adoption de règles de gouvernance devenues orthodoxes dans les sociétés cotée en bourse :

  • La création de comités statutaires (gouvernance et éthique, ressources humaines);
  • La création d’un comité distinct pour la gestion des risques;
  • Ces comités seront présidé par un membre indépendant et constitués d’une majorité de membres indépendants;
  • Le comité de vérification sera compose strictement de membres indépendants;
  • Etc.

Dans l’ensemble, les recommandations du comité spécial sont judicieuses. Deux réserves, toutefois, doivent être notées :

1. La composition du conseil proposée me semble ne pas aller assez loin; il ne fait pas de doute que la FTQ est grande responsable de la création et du succès du Fonds de solidarité. Cette genèse produit un sentiment bien légitime de propriété, que le Fonds, c’est l’affaire de la FTQ. Tous les entrepreneurs acceptent avec difficulté, lorsque leur entreprise se transforme en société cotées en Bourse, qu’ils ne sont plus les seuls maitres à bord, qu’il leur faut rendre des comptes. L’évolution, la taille, la complexité du Fonds et, malheureusement, les accointances et erreurs de jugement rendues publiques récemment commandent une réduction plus marquée du rôle de la FTQ.

Ma proposition serait de constituer le conseil du Fonds ainsi :

  • Quatre membres nommés par la FTQ;
  • Deux membres proposés par la FTQ mais qui ne sont pas des membres syndiqués;
  • Deux membres proposés par les autres syndicats;

(Ces quatre membres pourraient aussi provenir d’une démarche de propositions de candidatures comme ce que prévoit le rapport du comité spécial)

  • Sept membres indépendants choisis par le comité de gouvernance et éthique;
  • Le PDG, membre sans droit de vote.

Ainsi, les membres syndiqués (mais pas la FTQ) qui représentent une forte majorité des actionnaires du Fonds conserveraient une majorité au conseil.

2. Par contre, il me semble que le pendule se déplace un peu trop en ce qui concerne le rôle du conseil dans l’approbation des investissements du Fonds. Le Fonds est animé d’une mission très précise qui conjugue rendement à long terme et préoccupation socio-économique. Le Fonds prend des participations à l’avoir propre des entreprises et agit comme fournisseur de capital de risque.

Or, selon les propositions du comité spécial, il se pourrait qu’un projet de $20 millions ayant reçu l’aval des experts internes du Fonds soit présenté à un comité sectoriel d’investissement présidé par un indépendant et constitué à majorité d’indépendants et que celui-ci refuse le projet. NI le personnel professionnel du Fonds favorable au projet ni le promoteur du projet ne pourraient en appeler au conseil d’administration!

Cet arrangement soumet le Fonds au risque, souventes fois appréhendé, que le Fonds ne devienne qu’une institution financière comme les autres évaluant les projets à la seule lumière des rendements financiers. Ce serait dommage car ce n’est pas la mission du Fonds et ce n’est pas ainsi que le Fonds a contribué de façon singulière au développement économique du Québec.

Les opinions exprimées dans ce texte n’engagent que l’auteur.

Envolée contre la gestion des aéroports canadiens

Les aéroports canadiens, corporations privées gérant des biens publics, doivent rendre des comptes sur leurs projets d’agrandissement et l’augmentation des frais d’amélioration aéroportuaire (FAA), estime l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques (IGOPP). Les conseils d’administration doivent aussi être resserrés.

L’IGOPP a dévoilé lundi une étude sur la gouvernance des aéroports canadiens. Les auteurs, Jacques Roy, professeur à HEC Montréal et spécialiste des transports, et Michel Nadeau, directeur général de l’IGOPP, constatent que «le conseil d’administration et la direction des aéroports n’ont pas vraiment de comptes à rendre ni d’autorisation à demander à qui que ce soit quand vient le temps d’investir dans leurs installations et d’augmenter les frais».

Considérant que «les aéroports sont des biens publics et leur gestion doit être transparente et rigoureuse», les deux hommes suggèrent la création d’un comité de révision stratégique. Comme son nom l’indique, ce comité composé d’experts indépendants réviserait les décisions d’investissement des dirigeants d’un aéroport et les hausses tarifaires. Les analyses sur la nécessité, la rentabilité et les retombées des projets seraient diffusées pour consultation et surtout compréhension par le grand public.

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La gouvernance des aéroports au Canada : enjeux et recommandations

Selon une étude rendue publique par l’Institut sur la gouvernance (IGOPP), les aéroports, qui sont des biens publics jouissant d’une position de quasi-monopole sur leurs marchés respectifs, devraient soumettre leurs décisions d’investissements importants et de hausses de tarifs à un mécanisme indépendant de révision. Or, depuis la décision d’Ottawa de céder la gestion des installations à des organismes régionaux il n’est pas clair à qui les conseils d’administration des aéroports au Canada doivent rendre des comptes.

Puissant moteur économique à l’échelle locale, les aéroports canadiens perdent des parts de marché au dépens des aéroports transfrontaliers américains. Pour renforcer l’intégration des aéroports à l’économie des régions, le gouvernement canadien pourrait compléter le processus de « dévolution » de la gestion des aéroports et offrir aux provinces et aux municipalités la possibilité de se porter acquéreurs des installations aéroportuaires. Ottawa conserverait naturellement les responsabilités stratégiques des douanes, de l’immigration et de la sécurité aérienne.

Cette étude a été menée par le professeur Jacques Roy de HEC Montréal et Michel Nadeau, directeur général de l’IGOPP.

Les auteurs rappellent que les aéroports sont devenus de puissants leviers économiques au Canada et que les régions du pays devraient se préoccuper du fait que, malgré des investissements massifs dans la modernisation des installations, les aéroports canadiens enregistrent des pertes de parts de marché au profit des aéroports transfrontaliers américains.

« Cette recherche ne se veut surtout pas une critique de la gestion des aéroports canadiens, de souligner le président exécutif du conseil de l’IGOPP, M. Yvan Allaire. Mais se veut une évaluation de leur système de gouvernance, de leur reddition de comptes ainsi que des différents modes de propriété ».

Les membres des c.a. des administrations aéroportuaires sont désignés par différentes parties publiques et privées mais il n’est pas clair à qui ces administrateurs sont imputables. À titre de propriétaire des installations, le Ministère des Transports exige divers rapports mais semble surtout s’assurer que les loyers pour l’utilisation du site sont dûment payés. Le conseil d’administration des aéroports dispose de pouvoirs importants comme ceux de fixer les frais d’amélioration aéroportuaires payés par les voyageurs, de déterminer les frais d’atterrissage et de décollages des aéronefs et d’établir les montants investis dans les infrastructures.

Malgré des investissements importants de plusieurs milliards de dollars depuis 10 ans, les aéroports canadiens ne jouent pas toujours pleinement leur rôle de moteur du développement économique régional et n’ont pas réussi à enrayer le flux des voyageurs canadiens vers les aéroports transfrontaliers où les prix des billets sont moins élevés. En transmettant la propriété des installations aux provinces ou municipalités, les aéroports n’auraient plus à verser un loyer au gouvernement canadien mais à rémunérer le capital public investi.

Un récent rapport du Comité sénatorial permanent sur les transports et communications soulevait les mêmes questions touchant la gouvernance des aéroports canadiens.

Montréal doit prendre les devants

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La métropole montréalaise jouit pourtant de plusieurs incitatifs pour attirer des transporteurs aériens internationaux notamment avec les bureaux de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale et de Bombardier. ainsi qu’avec un secteur de l’aérospatiale très développé.

Si elle rencontre des embuches sur son chemin pour attirer des transporteurs aériens de l’international, notamment ceux des pays asiatiques, c’est en raison de sa proximité avec Toronto estime Jacques Roy, professeur en gestion des transports à l’École des hautes études commerciales.

«Si on donne l’exemple d’Air Canada, on voit qu’on cherche à consolider les vols dans un même lieu, soit celui de Toronto, et ça défavorise Montréal en l’empêchant d’avoir des liens directs avec l’Asie notamment», explique M. Roy, co-auteur d’une étude parue hier matin concernant la gouvernance des aéroports canadiens.

M. Roy pense que Aéroports de Montréal pourrait envisager d’attirer de plus petits transporteurs pour ainsi offrir lui aussi des vols à destination d’Asie.

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Les aéroports cédés aux provinces?

Les aéroports du Canada devraient appartenir aux gouvernements des provinces et aux grandes villes qui les accueillent.

C’est à cette importante conclusion qu’en est venu l’Institut de la gouvernance d’organisations privées et publiques (IGOPP), à la suite d’une analyse de la situation des aéroports canadiens.

L’organisme croit que le gouvernement fédéral pourrait conserver les activités relevant de sa juridiction, soit la sécurité, le commerce international, l’immigration et les douanes, mais laisser la gestion et la gouvernance des aéroports aux autorités locales. Et le fédéral devrait céder à un prix raisonnable ces infrastructures si importantes pour le développement économique régional.

«Si le gouvernement fédéral ne veut pas s’en occuper, qu’il les vendent. Le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal pourraient ainsi suivre de plus près les décisions des conseils d’administration des aéroports de Montréal et de Québec et poser des questions aux administrateurs», selon Michel Nadeau, le président de l’IGOPP.

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Gouvernance des aéroports au Canada

Selon une étude rendue publique par l’Institut sur la gouvernance (IGOPP), les aéroports, qui sont des biens publics jouissant d’une position de quasi-monopole sur leurs marchés respectifs, devraient soumettre leurs décisions d’investissements importants et de hausses de tarifs à un mécanisme indépendant de révision. Or, depuis la décision d’Ottawa de céder la gestion des installations à des organismes régionaux il n’est pas clair à qui les conseils d’administration des aéroports au Canada doivent rendre des comptes.

Puissant moteur économique à l’échelle locale, les aéroports canadiens perdent des parts de marché au dépens des aéroports transfrontaliers américains. Pour renforcer l’intégration des aéroports à l’économie des régions, le gouvernement canadien pourrait compléter le processus de « dévolution » de la gestion des aéroports et offrir aux provinces et aux municipalités la possibilité de se porter acquéreurs des installations aéroportuaires. Ottawa conserverait naturellement les responsabilités stratégiques des douanes, de l’immigration et de la sécurité aérienne.

Cette étude a été menée par le professeur Jacques Roy de HEC Montréal et Michel Nadeau, directeur général de l’IGOPP.

Les auteurs rappellent que les aéroports sont devenus de puissants leviers économiques au Canada et que les régions du pays devraient se préoccuper du fait que, malgré des investissements massifs dans la modernisation des installations, les aéroports canadiens enregistrent des pertes de parts de marché au profit des aéroports transfrontaliers américains.

« Cette recherche ne se veut surtout pas une critique de la gestion des aéroports canadiens, de souligner le président exécutif du conseil de l’IGOPP, M. Yvan Allaire. Mais se veut une évaluation de leur système de gouvernance, de leur reddition de comptes ainsi que des différents modes de propriété ».

Les membres des c.a. des administrations aéroportuaires sont désignés par différentes parties publiques et privées mais il n’est pas clair à qui ces administrateurs sont imputables. À titre de propriétaire des installations, le Ministère des Transports exige divers rapports mais semble surtout s’assurer que les loyers pour l’utilisation du site sont dûment payés. Le conseil d’administration des aéroports dispose de pouvoirs importants comme ceux de fixer les frais d’amélioration aéroportuaires payés par les voyageurs, de déterminer les frais d’atterrissage et de décollages des aéronefs et d’établir les montants investis dans les infrastructures.

Malgré des investissements importants de plusieurs milliards de dollars depuis 10 ans, les aéroports canadiens ne jouent pas toujours pleinement leur rôle de moteur du développement économique régional et n’ont pas réussi à enrayer le flux des voyageurs canadiens vers les aéroports transfrontaliers où les prix des billets sont moins élevés. En transmettant la propriété des installations aux provinces ou municipalités, les aéroports n’auraient plus à verser un loyer au gouvernement canadien mais à rémunérer le capital public investi.

Un récent rapport du Comité sénatorial permanent sur les transports et communications soulevait les mêmes questions touchant la gouvernance des aéroports canadiens.

Davos : quoi de neuf

Comme à chaque année, quelque 2 500 dirigeants politiques, chefs d’entreprises et leurs collaborateurs ont pris le chemin sinueux qui mène à cette petite ville suisse pour y promouvoir leurs États ou leurs affaires. Dans un climat curieux mélange de bonhomie sociale, d’ésotérisme intellectuel et de denses échanges sur tous les problèmes du monde, les participants errent de salle en salle, d’hôtel en hôtel, affairés de rendez-vous à ne pas manquer, de sessions à ne pas rater.

Dans les couloirs achalandés du Centre des Congrès, on peut croiser au hasard du moment les Cameron, Rouhani, Netanyahu, Shinzo Abe (PM du Japon), Pena Nieto (Président du Mexique), etc., des gagnants de prix Nobel à profusion, des ministres des finances en quantité industrielle, tous les commentateurs vedettes, les Christine Lagarde, Ban Ki-moon, et autres hauts fonctionnaires d’organismes internationaux.

Bien sûr que les participants à ce Forum sont tirés disproportionnellement du fameux 1%, les représentants de l’autre 99% provenant surtout de l’abondante flore universitaire invitée pour leur apport de substance.

Quoi que l’on en dise, surtout à gauche, le Forum de Davos joue un rôle précieux, celui de rendre inconfortables ceux qui le sont trop, d’imposer au monde des affaires l’examen d’enjeux économiques et sociaux que, souvent, il souhaiterait escamoter et de mettre au défi cette classe dirigeante de résoudre des problèmes concrets qui affligent les sociétés civiles.

Ainsi, tout ce parterre fut soumis à un message du Pape François, lu par un cardinal, fustigeant les excès du capitalisme et rappelant aux participants que la richesse n’est sanctifiée que par ce qu’elle permet de soulager.

Au Forum de cette année, il y est abondamment traité de l’inquiétant manque de confiance (trust) envers les institutions, les entreprises et leurs dirigeants, des causes du phénomène et des mesures à prendre.

Des échanges soutenus ont rappelé le rôle nocif que jouent les inégalités de richesse, le ralentissement de la mobilité sociale et le chômage des jeunes. En fait ce trio de phénomènes est considéré comme le plus important risque de perturbations pour nos sociétés.

À plusieurs reprises, la rémunération des dirigeants et du rapport entre celle-ci et la rémunération typique dans l’entreprise, sujet tabou jusqu’à récemment en ce lieu, a fait l’objet de commentaires caustiques et d’incitation à une remise en question des modes de rémunération.

Malgré leur forte présence à Davos, les fonds d’investissement et autres acteurs financiers y sont pointés du doigt, mis en accusation presque, pour leur influence délétère sur les gestionnaires et pour leur contribution au phénomène de gestion à court terme des entreprises.

Enfin, les défis environnementaux mobilisent plusieurs sessions à ce Forum malgré la présence évidente de sceptiques sur ce sujet.

Le Forum de 2014 fait une place importante aux économies en développement. Pour la première fois, la présence africaine y est significative et trouve sa place dans la discussion des enjeux économiques, présage du monde de demain.

Après quelques années d’une présence discrète commandée par une économie stagnante, le Japon a repris du tonus cette année, s’affirmant à nouveau comme un joueur important de l’économie mondiale.

Le Forum économique de Davos suscite une hostilité certaine dans des milieux qui y voient la manifestation d’une ploutocratie dominante arrangeant le monde à sa façon et à son bénéfice. Vu de près, le Forum ressemble plus à un concile de bien-pensant en quête de légitimité par leur contribution au mieux-être de notre monde.

Comment ne pas apprécier une conférence qui propose une discussion entre Joseph Stiglitz, Michael Porter, Jeffrey Sachs, le PDG d’Alcoa sur le thème The Importance of Being Happy!

Les opinions exprimées dans ce texte n’engagent que l’auteur.

« What is the role of business? »

« Any business is a risky endeavour with an uncertain life expectancy. It has been, and should remain, a driver of innovation, a creator of wealth, a harbinger of economic freedom. The core mission of a profit-driven enterprise is not to fulfil some philanthropic duty. But neither is it solely to maximize short-term shareholder value.

The fundamental role of business has remained relatively constant: providing the goods and services that people need or want. What has changed dramatically over time are the expectations placed on businesses. Boards of directors, management and investors of large corporations are now expected to address an array of social, economic and ecological challenges.

Business derives its social legitimacy and right to operate from the economic value it creates for society at large, from its performance for both investors and a wider network of constituencies, its partnership with governments and other agents in solving social problems, and the trust its leadership inspires in employees and society as a whole.

Yet, all indicators show a sharp drop in the trust bestowed on most institutions over the last 20 years. The most recent Edelman Trust Barometer, while noting some improvement over the past year, still paints a sorry picture: overall trust in business and government stand at 50% and 41% respectively worldwide. That is a disturbing statistic but even worse is the level of trust in the leadership of business and government, which stands at a dismal 18% and 13% respectively. When respondents are asked to identify the reasons for trusting business less, some 50% point to “corruption/fraud” and “wrong incentives driving business decisions”; when asked the same question for government, 50% indicate “corruption/fraud” and “poor performance/incompetence”.

For a period of time, say until 1980, most large business corporations did abide by the belief that “making money for shareholders” was not the be-all and end-all of business. In fact, the notion that business has a higher purpose than generating profits is rooted in some of the earliest business endeavours. It is manifest in a famous exchange between Henry Ford and the lawyer for the Dodge brothers who were suing Ford for slashing prices of the Model T:

“What”, he [Dodge’s lawyer] asked Ford, “is the purpose of the [Ford] company?”

“To do as much possible for everybody concerned”, responded Ford, “to make money and use it, give employment, and send out the car where the people can use it … and incidentally to make money …Business is a service not a bonanza.”

“Incidentally make money?” queried the attorney.

“Yes, sir.”

“But your controlling feature … is to employ a great army of men at high wages, to reduce the selling price of your car, so that a lot of people can buy it at a cheap price, and give everybody a car that wants one.”

“If you give all that,” replied Ford, “the money will fall into your hands; you can’t get out of it.”

(Quoted in The Economics of Higher Purpose)

Yet, over the last three decades, this stakeholder model of the corporation was, in many instances, discarded and replaced by a shareholder-centric view. The drivers of this shift are multiple, very dynamic and difficult to contain. An ideology of market efficiency certainly played a role but so have changes in compensation models throughout the economic system.

The dominant discourse claimed that free and global markets for capital, goods, services and people were the wave of the future, that “shareholder value-creation” was the essential, sometimes the only, goal of stock-market listed corporations.

The result, overall, has not been very good: too much greed infecting economic activities; recurring financial crises and business fiascos eroding trust in organizations, in public institutions and in their leadership; rising inequality; reduced social mobility; short-term profit maximization in every nook and cranny of the economic system; benign neglect of social problems; the pauperization of workers in developed economies. Indeed, the US Bureau of Labor Statistics informs us of the dismal fact that average weekly earnings and average hourly earnings in constant dollars in 2010 were significantly lower than in 1975.

A healthy society, and an effective organization for that matter, must find ways to balance and reconcile in its bosom the “humanist” and the “economist” who live in every one of us. The stakeholder model of the corporation did strike a delicate balance between the economic and humanist imperatives. Can it be reinstated as a business model for the future?

The case for a renewed commitment to the stakeholders that bestow legitimacy on businesses is a compelling one, even to many who benefit mightily from the current state of affairs.

The issue, and the formidable challenge, resides in the means to bring about this transformation of financially driven businesses into “purpose-driven” corporations.

To do so, we need a shift in the ideological underpinning of our economic system – a widespread epiphany about what will be our collective fate and that of future generations if we continue on our present course. »

« Background and potential questions for a private session with CEOs »

« Dr. Yvan Allaire, Executive Chair of the Institute for Governance (IGOPP) and Chair of the Global Agenda Council on the Role of Business- World Economic Forum, has prepared this context paper on the Role of Business which have been presented at the 2014 Davos summit.

According to Dr. Allaire, the long-term success and survival of a business depends, or will come to depend, on its ability to create value for its many stakeholders, on its pro-activity in coping with the social and environmental consequences of its operations.

There are no villains in this story, rather a system of ideas, pressures and incentives has come about which we must understand and change. What changes in which part of the current economic system are most likely to bring some movement in the right direction? Are there prime movers in the system? In other words, are there fundamental causes to the current state of affairs, which, if not directly addressed and changed, will thwart any effort at reform?

No one can know how the next ten years are likely to unfold, but as the world’s problems grow increasingly pressing, it is clear that the world of 2024 will not look like the world of 2014.

Already thousands of companies understand that financial success can only be sustained if the firm also creates social, environmental and ethical value. These firms are drawing on universal principles in areas such as human rights, labor, the environment and anti-corruption to redefine their strategic and operating models, and they are exploring new disclosure and reporting standards in order to drive a “race to the top”. New forms of collaboration across industries, governments and civil society are emerging to shape the market conditions for entire industries, to bring about purpose-driven businesses. »

Sommet de Davos 2014

Le président exécutif du conseil, le professeur Yvan Allaire, a présidé une session, lors du sommet de Davos 2014, intitulée CEO Dialogue on the Role of Business à laquelle a participé une centaine de PDG.

Président du Global Council on the Role of Business – Forum économique mondial (Word Economic Forum), M. Allaire a présenté les enjeux qui ont fait les thèmes de ce dialogue.

Le groupe de travail réunit quelque 17 dirigeants influents du monde de la grande entreprise, du milieu universitaire et des médias. Le professeur Allaire est membre du Council depuis 2010 et fût panéliste au Forum de Davos en 2010 et 2011.

M. Allaire a formulé des recommandations spécifiques et radicales pour changer le fonctionnement du système financier mondial dans des ouvrage récents coécrits avec le professeur Mihaela Firsirotu :

Les minières forcées à la transparence fiscale

Le secret qui entoure les sommes réellement versées aux gouvernements par les sociétés minières a contribué à une certaine méfiance envers l’activité minière. Invoquant la confidentialité traditionnelle des données fiscales ainsi que des arguments de protection d’une information sensible d’un point de vue concurrentiel, les sociétés minières ont toujours insisté pour que ne soient pas dévoilées les sommes versées en taxes minières et redevances.

Or, voici que soudainement, un groupe de travail composé, entre autres de représentants de l’industrie minière recommande de créer un cadre de divulgation des montants versés à l’État, dont les redevances, selon Le Devoir du 16 janvier 2014.

Or, faut-il rappeler que l‘industrie minière canadienne et internationale n’avait pas le choix!

En effet, la loi américaine Dodd-Frank comporte une obligation pour toutes les sociétés des secteurs du pétrole, du gaz et des mines qui sont inscrites à l’une ou l’autre des Bourses américaines de rendre publiques toutes les sommes versées sous forme de taxes, de redevances et autres à tous les gouvernements où elles exercent leurs activités (*).

La Commission des valeurs mobilières américaine (la SEC), responsable de la mise en œuvre de cette stipulation et d’en préciser la portée et le fonctionnement, a maintenant adopté des règles en conformité avec la loi Dodd-Frank : l’obligation de divulgation s’applique aux versements faits à tous les niveaux de gouvernement et cette divulgation doit être faite dans les 150 jours qui suivent la fin de l’exercice financier des sociétés visées. La règle entre en force pour l’exercice financier se terminant après le 30 septembre 2013.

Or, plusieurs sociétés œuvrant au Québec sont inscrites à la Bourse de New York : les ArcelorMittal, Cliff Resources, Agnico Eagle, IamGold, Barrick Gold, Goldcorp., et autres.

Ces entreprises devront, prochainement et désormais, divulguer les montants versés au gouvernement du Québec pour leur exploitation minière. En fait, les sociétés dont l’année financière se termine le 31 décembre devront avant le 31 mai 2014 dévoiler les sommes payées en 2013.

Or, il devenait insoutenable que seules les sociétés inscrites à une bourse américaine doivent être transparentes au Québec, au Canada et partout de par le monde alors que d’autres sociétés minières continueraient de ne pas divulguer les montants versés aux différents gouvernements.

L’Association minière canadienne est devenue transparente parce que la loi américaine ne lui laissait pas d’autre choix.

(*) Section 1504 (2) (A)…the Commission [SEC] shall issue final rules that require each resource extraction issuer to include in an annual report of the resource extraction issuer information relating to any payment made by the resource extraction issuer, a subsidiary of the resource extraction issuer, or an entity under the control of the resource extraction issuer to a foreign government or the Federal Government for the purpose of the commercial development of oil, natural gas, or minerals, including. ‘‘(i) the type and total amount of such payments made for each project of the resource extraction issuer relating to the commercial development of oil, natural gas, or minerals; and, ‘‘(ii) the type and total amount of such payments made to each government.

Les opinions exprimées dans ce texte n’engagent que l’auteur.