23 avril 2019

BRP: Laurent Beaudoin ne sera plus administrateur

Julien Arsenault | La Presse

Les dirigeants de BRP ont vu leur rémunération globale bondir à 20,8 millions en 2018, le dernier exercice complet où Laurent Beaudoin a présidé le conseil d’administration du constructeur de véhicules récréatifs.

Le gendre de Joseph-Armand Bombardier ne sollicitera pas un nouveau mandat lors de l’assemblée annuelle prévue le 30 mai à Valcourt et cédera sa place à José Boisjoli, qui cumulera la fonction de président du conseil et chef de la direction.

Sur le point de souffler ses 81 bougies, M. Beaudoin, qui présidait le conseil de BRP depuis décembre 2003, année où la division des produits récréatifs de Bombardier a été essaimée, sera nommé président émérite.

« Le temps est venu de quitter mes présentes fonctions, a expliqué l’homme d’affaires, mardi, par voie de communiqué. Je demeurerai toutefois un mentor et un conseiller pour l’équipe de direction. »

M. Beaudoin, qui a été au coeur de la croissance de l’entreprise depuis sa création, en 1963, avait également tiré sa révérence au sein du conseil d’administration de Bombardier l’année dernière.

À l’heure actuelle, BRP compte plus de 12 500 employés dans le monde et génère un chiffre d’affaires annuel de 5,2 milliards en vendant ses produits dans plus de 120 pays.

Même s’il ne préside plus le conseil d’administration, M. Beaudoin continuera d’avoir son mot à dire au sein de BRP, puisque la société de portefeuille Beaudier, qu’il contrôle, détient près de 16,8 millions d’actions à droit de vote multiple, soit 27,4 % de l’ensemble des droits de vote de la société.

De plus, une société de portefeuille appartenant à la famille Bombardier contrôle également 18,3 % des droits de vote.

Par courriel, l’entreprise a expliqué que M. Boisjoli, 61 ans, qui oeuvre au sein de la société depuis 1989, avait notamment été sélectionné par le conseil d’administration en raison de sa « connaissance exhaustive de l’industrie ».

Toutefois, le choix de la multinationale établie à Valcourt a étonné des observateurs qui se spécialisent en gouvernance d’entreprises, qui estiment que l’on aurait dû opter pour un autre candidat.

« La fonction du conseil, c’est de superviser les cadres, dont le président et chef de la direction, a expliqué le directeur général de l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques (IGOPP), Michel Nadeau, au cours d’un entretien téléphonique. Il est souhaitable que le président du conseil ne soit pas un cadre. Cela fait étrange. »

Par courriel, l’expert en gouvernance et professeur à l’Université Concordia Michel Magnan a également exprimé sa surprise, soulignant qu’au Canada, il était de moins en moins fréquent que les fonctions de président et chef de la direction ainsi que de président du conseil d’administration soient occupées par une même personne.

Salaires en hausse

Quant à la rémunération globale, le montant de 20,8 millions tient compte d’une somme d’environ 5,5 millions à laquelle a eu droit Bertrand Thiébaut, même s’il a été moins de 10 mois à la tête de la division des sports motorisés.

En 2017, les émoluments des hauts dirigeants de BRP avaient été de 13,2 millions. Abstraction faite du traitement de M. Thiébaut, le salaire global des patrons aurait été de 15,3 millions.

Pour 2018, BRP a engrangé un bénéfice normalisé – qui ne tient pas compte des éléments non récurrents – de 308,6 millions, ou 3,10 $ par action, en hausse de 25,7 % par rapport à l’année financière précédente.

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